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Nayib Bukele : « C’est la première fois qu’il y a la démocratie dans le pays…Le peuple dit : je ne suis pas opprimé, je suis heureux »

Le « dictateur cool », comme il aime se qualifier, le président salvadorien, Nayib Bukele a été réélu le dimanche 4 février avec un score écrasant de 85% à l’élection présidentielle dans un pays où, il y a peu, était gangrené par des bandes criminelles.

Après ces résultats, l’institut de sondage CID-Gallup affirme n’avoir « jamais observé un écart de cette ampleur lors d’une élection au Salvador ». Son parti, « Nuevas Ideas » remporte également une large majorité au Parlement.

« C’est la première fois qu’il y a la démocratie dans le pays. Il n’y a pas de dictature, les gens votent en démocratie. Le peuple dit : je ne suis pas opprimé, je suis heureux », se réjouit le président réélu Bukele.

Pour plusieurs, l’incontestable popularité du « dictateur cool », issu d’une famille d’origine palestinienne, est liée à sa politique sécuritaire qu’il a imposée pendant son premier mandat.

Un simple chiffre montre l’efficacité de cette politique : le nombre d’homicides est passé de 87 pour 100.000 en 2019, année de son accession au pouvoir, à 2,41 en 2023.

Depuis des années, le pays était gangrené par les deux Maras (gangs) qui semaient la terreur dans toutes les rues du pays : la Salvatrucha et Barrio 18. Leurs membres, souvent tatoués jusque sur le visage pour se reconnaître, avaient le contrôle de la majorité du pays, rackettant, assassinant, créant un climat d’extrême violence.

Leurs règlements de compte se terminaient souvent par le démembrement ou la décapitation d’un adversaire. Circuler dans les rues de San Salvador obligeait parfois à de gigantesques détours, si votre taxi n’avait pas payé ce qu’il fallait aux personnes qu’il fallait. Sortir dans les rues à la nuit tombée était impossible sans avoir la protection de l’un des gangs.

« Le Salvador avait un cancer avec des métastases. 85% du territoire était dominé par les bandes. Nous avons pratiqué une chirurgie, une chimio, une radiothérapie et nous allons en sortir guéris, sans le cancer des bandes. Nous avons éliminé ce qui nous tuait. Ce qui attend maintenant le Salvador est une période de prospérité », a-t-il promis.

Face à cette situation insoutenable, le remède a été particulièrement radical.

En mars 2022, le président salvadorien va autoriser le déploiement de l’armée dans les rues salvadoriennes et les arrestations sans mandat d’arrêt.

Au total, Nayib Bukele a été procédé à 75.000 arrestations depuis, pour une population de 6,5 millions de personnes.

Il a fait construire une méga prison qu’il appelle « centre de confinement du terrorisme ». Aucun avocat ne peut entrer dans cet établissement. Aucun contact n’est possible avec l’extérieur.

Mais les résultats sont là et la population salvadorienne a montré sa reconnaissance en revotant à une très large majorité pour ce jeune président de 42 ans. Cette réélection était normalement impossible selon la Constitution.

Mais le « dictateur cool » est parvenu à contourner l’obstacle en démissionnant début décembre, soit six mois avant la fin de son mandat. Si beaucoup de juristes contestent la manœuvre, la population, elle, ne lui en a pas tenu rigueur.

Le dimanche 4 février dernier, Nayib Bukele a promis une période de prospérité car, dit-il, il n’y a plus de frein à la création d’entreprises, plus de frein aux études, plus de frein au travail, plus de frein au tourisme. »

Le « Chouchou » des salvadoriens estime que l’insécurité vaincue, l’économie du pays va pouvoir enfin se développer.

La politique sécuritaire de Nayib Bukele et ses résultats sont regardés avec curiosité et parfois envie par les autres pays d’Amérique latine où l’insécurité est de plus en plus préoccupante à l’instar du nouveau président équatorien, Daniel Noboa et du nouveau président argentin, Javier Milei qui disent vouloir s’en inspirer et leur admiration pour leur homologue, le bien aimé des salvadoriens.

Richardo Ngoyi

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