La Première Ministre de la République démocratique du Congo, Judith Suminwa Tulukas a livré à la Chambre de Commerce, d’Industrie et des Services de Genève (CCIG), un message fort, clair et assumé : la RDC veut des partenariats transparents, équitables et basés sur la responsabilité.
Entourée du Ministre d’État, Ministre de la Justice et celui des Mines, la cheffe du gouvernement congolais a défendu une vision nouvelle, ambitieuse et profondément humaine de la gestion des ressources du pays. Une démarche qui a suscité un vif engouement au sein de la place économique genevoise.
Dans une salle comble réunissant dirigeants de la CCIG, acteurs de la place financière genevoise, opérateurs économiques et membres de la diaspora, Judith Suminwa a posé les bases d’un discours renouvelé.
« La première ressource, ce ne sont pas les mines, ce sont les ressources humaines… Nous sommes un pays de 120 millions d’habitants dont 90 % de jeunes », a-t-elle rappelé.
Cette déclaration, longuement applaudie, illustre la volonté du Gouvernement de replacer le capital humain au centre du partenariat économique. Les minerais, certes essentiels, ne sont qu’une partie d’un potentiel plus vaste, fait de forêts, de sols fertiles… et surtout de talents congolais.
Les deux Ministres congolais ont ensuite présenté chacun à son tour, la réforme engagée pour renforcer la gouvernance du secteur extractif.
Dans tous les cas, le Ministre de la Communication et Porte-parole du Gouvernement, a résumé sans détour :
« La traçabilité est cruciale. Les mines ont longtemps été associées aux conflits de l’Est. Nous voulons changer cela et investir massivement pour stabiliser la région. »
Une feuille de route claire, tournée vers la crédibilité internationale et la sécurisation des investissements.
Du côté suisse, les réactions ont été immédiates et enthousiastes.
Vincent Subilia, Directeur Général de la CCIG, a salué cette visite historique : « Nous sommes honorés d’accueillir la Première Ministre. Le potentiel de la RDC est immense, et le message sur la gouvernance solide est précisément ce que recherchent les investisseurs. »
Même sentiment du côté de la place financière genevoise. Melchior de Muralt, visiblement galvanisé par les échanges, a insisté sur la capacité de Genève à répondre aux défis du secteur minier :
« Nous pouvons apporter une réponse concrète aux enjeux de paix, de formalisation et de traçabilité. La présence des principaux ministres congolais crée un véritable moment d’enthousiasme.
Cependant, parmi les participants, la diaspora congolaise a elle aussi exprimé son optimisme renouvelé.
Tshikos Wembitn Thomas, président de l’ONG Le Bon Regard de Genève, a témoigné : « Aujourd’hui, la Première Ministre a clarifié beaucoup de choses. Le Ministre de la Justice a expliqué comment la justice sécurise désormais les investissements. C’est rassurant. L’espoir est permis. »
Un signal fort pour une communauté qui suit de près l’évolution du secteur minier, souvent au cœur des tensions et des débats internationaux.
Cette rencontre, dense et riche en échanges, marque une étape clé pour le pays.
La RDC veut passer d’un pays perçu comme un réservoir de minerais à un État acteur, souverain et partenaire incontournable sur la scène internationale.
Le message central de la Première Ministre a résonné comme une signature :
« Ce que nous voulons, c’est un partenariat gagnant-gagnant. »
Avec une gouvernance renforcée, un discours assumé et une dynamique d’ouverture, Kinshasa espère désormais attirer des investissements durables, responsables et alignés sur les normes internationales.
Le rendez-vous de Genève n’était pas seulement institutionnel, mais plutôt
une déclaration d’intention, un nouveau narratif, un appel à bâtir l’avenir autrement.
La RDC, enfin, se présente aujourd’hui comme un pays qui veut contrôler son destin, valoriser son potentiel, sécuriser ses ressources et s’ouvrir à des partenaires qui respectent sa vision.
Et Genève a montré qu’elle était prête à écouter, et à répondre.
Yasmine Alemwa Ibango

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