Le 36e sommet des chefs d’État et de gouvernement de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) s’est ouvert ce mardi 7 juillet à Ankara, en Turquie. Les Alliés doivent y discuter de l’avenir de leur organisation, du partage des responsabilités militaires, du soutien à l’Ukraine et des nouveaux défis sécuritaires mondiaux.
Dans un monde marqué par les tensions géopolitiques, l’OTAN cherche à adapter son fonctionnement aux nouvelles réalités stratégiques. L’évolution de l’engagement américain et la montée en puissance des capacités européennes figurent parmi les principaux dossiers au centre des échanges.
« Le monde change, et notre Alliance avec lui », a déclaré le ministre belge des Affaires étrangères, Maxime Prévot, estimant que les Européens doivent désormais prendre davantage leurs responsabilités en matière de défense.
Cette réflexion intervient alors que les États-Unis ont, ces derniers mois, suscité des interrogations sur leur niveau d’implication dans certains mécanismes de l’Alliance, notamment le « modèle de forces », qui permet d’évaluer les moyens militaires disponibles en cas de crise.
Pour le responsable belge, cette évolution ne marque toutefois pas une rupture avec Washington. Elle traduit plutôt l’émergence d’une OTAN « plus équilibrée », dans laquelle les alliés européens renforcent leur contribution aux côtés des États-Unis.
Pays hôte du sommet, la Türkiye insiste pour sa part sur la nécessité de préserver l’unité et la solidarité entre les membres de l’Alliance. Le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, a affirmé que les décisions prises à Ankara auront un impact durable sur la sécurité euro-atlantique.
« Les décisions prises lors du sommet ne se contenteront pas de répondre aux défis immédiats, mais façonneront l’environnement de sécurité euro-atlantique pour les années à venir », a-t-il déclaré.
De son côté, l’ambassadeur turc auprès de l’OTAN, Basat Ozturk, a appelé les Alliés à transformer leurs déclarations politiques en engagements concrets. Selon lui, la priorité reste la réaffirmation de la cohésion et de la solidarité au sein de l’organisation.
Par ailleurs, la guerre en Ukraine demeure l’un des dossiers majeurs du sommet. Les membres de l’Alliance doivent réaffirmer leur soutien à Kyiv face à la Russie, considérée par plusieurs responsables occidentaux comme une menace majeure pour la sécurité européenne.
La situation au Moyen-Orient figure également parmi les préoccupations des dirigeants. La Belgique entend notamment afficher sa solidarité avec les pays du Golfe affectés par les tensions régionales, rappelant que la stabilité de cette zone influence directement la sécurité énergétique et internationale.
À Ankara, la Türkiye défend également le concept d’une « OTAN 3.0 », une nouvelle étape destinée à adapter l’Alliance aux menaces actuelles. Cette vision repose notamment sur un meilleur partage des responsabilités entre les États-Unis et les partenaires européens.
Avec son industrie de défense en développement et ses capacités militaires, Ankara souhaite renforcer son rôle au sein de l’organisation. La Türkiye met en avant sa participation aux opérations conjointes et aux exercices militaires de l’OTAN.
Au-delà des intérêts européens et nord-américains, les décisions prises lors de ce sommet sont suivies avec attention en Afrique. Les évolutions de la sécurité internationale, les partenariats militaires et les stratégies de lutte contre le terrorisme peuvent avoir des répercussions sur les équilibres sécuritaires du continent
Le sommet d’Ankara rappelle ainsi que les grandes questions de défense mondiale dépassent désormais les frontières des alliances traditionnelles et concernent l’ensemble de la communauté internationale.
Yasmine Alemwa Ibango




