Il aurait fallu d’un tweet pour déclencher l’emballement de son aventure, puis quelques phrases pour la dissiper.

En effet, le boxeur franco-congolais Tony Yoka a publié dernièrement sur son compte X, une photo où il brandit sa licence officielle de boxe professionnelle délivrée non par la France, mais par la Fédération congolaise de boxe (FCB), valable pour la saison 2026. Dans son message, le champion olympique 2016 exprimait sa fierté de représenter le pays d’origine de son père et remerciait le ministre des Sports, Didier Budimbu, pour son soutien dans cette « aventure ».
Pour beaucoup, l’équation semblait évidente : licence congolaise, séjour à Kinshasa, rencontres avec des officiels congolais dont le président de la République Félix Tshisekedi et la perspective des Jeux olympiques de Los Angeles 2028. L’idée d’un changement de nationalité sportive s’est rapidement installée dans le débat.
Mais, le boxeur de 33 ans a tenu à clarifier. « Il n’est pas question que je change de nationalité sportive. Je suis et je resterai un champion olympique français », a-t-il affirmé.
La précision est importante. La licence obtenue en RDC concerne le circuit professionnel. Or, la participation aux Jeux olympiques relève du statut amateur et obéit à des règles distinctes, encadrées par les instances internationales. Aucune procédure de changement d’allégeance olympique n’a été engagée.
Le malentendu tient davantage à l’interprétation qu’aux faits.
Pour le boxeur Yoka, la démarche s’inscrit dans une logique différente : donner un second souffle à sa carrière professionnelle. Après une période marquée par plusieurs défaites sur le sol français, le poids lourd cherche un nouvel élan, un nouveau cadre, un environnement prometteur. « Rentrer à la maison », au sens symbolique, et s’appuyer sur ses racines pour relancer sa carrière.
Le projet est double : sportif et identitaire. Relancer sa dynamique sur le ring tout en contribuant à faire rayonner la République démocratique du Congo à l’échelle internationale. Une manière de conjuguer héritage personnel et stratégie professionnelle.
Il n’y a donc ni rupture avec la France, ni bascule olympique. Il y a un champion en quête de rebond, qui explore un autre espace pour se reconstruire.
L’or de Rio demeure français. Le nouveau chapitre professionnel, lui, s’écrit aussi à Kinshasa.
Yasmine Alemwa Ibango