À Société nationale d’électricité (SNEL), la tension qui agitait ces dernières semaines le climat interne semble désormais s’atténuer. En cause : une série de malentendus et, selon plusieurs sources, une polémique « volontairement entretenue » autour de la restructuration, du budget 2026 et de la gouvernance de l’entreprise.
La réunion tenue le 17 mars à Kinshasa entre le Président du Conseil d’administration, Luc Badibanga, et l’Intersyndicale a marqué un tournant. Pendant près de trois heures, les deux parties ont confronté leurs positions sur les sujets les plus sensibles, dans un climat qui a permis de faire émerger une lecture plus nuancée de la crise.
Une polémique construite sur des bases fragiles
Au cœur des échanges : le dossier de restructuration. Présenté jusque-là comme une menace pour les emplois et la stabilité de l’entreprise, il apparaît, à l’examen des documents officiels, comme un projet inscrit dans une réforme structurelle pilotée par l’État.
Selon des participants, le contenu du projet aurait été « délibérément déformé », alimentant des accusations contre le PCA et installant un climat de méfiance. Cette relecture des faits a contribué à déconstruire l’idée d’un démantèlement de la SNEL.
Budget 2026 : rigueur et transition
Autre point de crispation : le budget. La direction a rappelé que l’entreprise fonctionne actuellement sous le régime du douzième provisoire, en attendant l’adoption d’un budget d’investissement aligné sur le plan stratégique.
Loin d’un blocage, ce mécanisme est présenté comme une phase transitoire visant à garantir la continuité des activités tout en préparant des investissements cohérents avec la vision de l’État, actionnaire unique.
Fractures sociales : des réponses attendues
Les tensions internes ne se limitent pas aux questions stratégiques. La problématique des intérims prolongés — parfois installés depuis plusieurs années — ainsi que les inégalités salariales entre catégories d’agents restent des points sensibles.
Sur ces questions, Luc Badibanga a affiché une posture d’écoute, promettant un examen prochain en Conseil, avec en ligne de mire la restauration de l’équité et de la confiance au sein du personnel.
Vers une décrispation durable ?
Fait notable : l’Intersyndicale a reconnu l’existence d’une « instrumentalisation » dans la gestion de ces dossiers. Un aveu qui change la nature de la crise, désormais perçue moins comme un désaccord structurel que comme le produit d’informations biaisées.
En privilégiant le dialogue direct et la transparence, le PCA semble avoir repris la main sur une séquence qui menaçait la stabilité de l’entreprise.
Reste désormais l’essentiel : traduire ces engagements en actes. Adoption du budget, régularisation des intérims, correction des déséquilibres salariaux et clarification continue du processus de restructuration seront autant de tests pour consolider cette accalmie.
Dans un secteur aussi stratégique que l’électricité, la capacité de la SNEL à dépasser les tensions internes conditionne non seulement sa réforme, mais aussi sa crédibilité en tant que pilier du service public en RDC.
La Rédaction
