Une rumeur ancienne, un rebondissement inédit ! Emmanuel et Brigitte Macron ont engagé des poursuites en diffamation aux États-Unis contre Candace Owens, une influenceuse américaine ultraconservatrice, accusée d’avoir diffusé et amplifié une infox prétendant que Brigitte Macron serait “née homme”. Une théorie completiste née en France en 2017, mais qui connaît aujourd’hui un retentissement international, poussant l’Élysée à sortir de son silence.
Candace Owens, 35 ans, est une militante politique proche de l’extrême droite américaine, régulièrement invitée sur les plateaux conservateurs et soutenue par des figures comme Donald Trump. Connue pour ses prises de position controversées contre le mouvement Black Lives Matter, les vaccins, ou encore les droits LGBTQ+, elle s’est forgé une grande notoriété en ligne.
Aujourd’hui, elle rassemble près de 7 millions d’abonnés sur X ( Twitter) et près de 5 millions sur YouTube, où elle diffuse des contenus viraux mêlant politique, satire et rumeurs, souvent sans vérification rigoureuse.
Depuis janvier 2025, elle a lancé une série de vidéos intitulée “Becoming Brigitte” (“Devenir Brigitte”) dans lesquelles, elle relaye une rumeur infondée selon laquelle Brigitte Macron serait en réalité son frère Jean-Michel, qui aurait changé de sexe.
En France, cette fausse information circule depuis la première campagne présidentielle d’Emmanuel Macron en 2017. Alimentée par des milieux complotistes, covido-sceptiques ou d’extrême droite, elle accuse Brigitte Macron de ne pas être la personne qu’elle prétend être. Deux femmes, Natacha Rey et Amandine Roy, qui avaient popularisé cette théorie sur internet, ont été condamnées en septembre 2023 à verser des dommages et intérêts. Toutefois, elles ont été relaxées en appel le 10 juillet 2025, une décision que Brigitte Macron et son frère contestent désormais en cassation.
Le 23 juillet, le couple présidentiel a porté l’affaire devant un tribunal du Delaware, aux États-Unis. Dans leur plainte, les Macron dénoncent une “campagne mondiale de diffamation” orchestrée par Owens, estimant qu’elle avait pleinement conscience de la fausseté de ses propos et qu’elle s’en est servie pour gagner en visibilité et en argent. ‘’Il ne s’agit pas seulement d’un mensonge, il s’agit d’une attaque contre notre dignité, menée au nom du buzz et de l’idéologie”, peut-on lire dans la déclaration de leurs avocats, qui réclament des dommages et intérêts exemplaires.
Loin de reculer, Candace Owens a persisté dans ses affirmations sur X .
Toutefois, si cette polémique peut sembler éloignée du quotidien, elle touche en réalité des enjeux fondamentaux : la désinformation en ligne, le respect de la vie privée, la transphobie et la toxicité des réseaux sociaux.
Dans un monde où une rumeur peut se propager en quelques heures, des personnalités — qu’elles soient présidentielles ou anonymes — peuvent voir leur vie bouleversée.
Dans tous les cas, la justice américaine tranchera dans les mois à venir, mais ce procès pourrait faire tache dans la lutte contre la désinformation transnationale. Il s’agira aussi d’un test : peut-on, en 2025, stopper une rumeur virale et en faire reconnaître juridiquement le préjudice, même à l’autre bout du monde ?
Yasmine Alemwa Ibango
