Révision constitutionnelle en RDC : l’Archevêque Ejiba Yamapia, « Le leader voit avant les autres »

Face aux polémiques, l’Archevêque Évariste Ejiba Yamapia assume sa position en faveur d’une révision de la Constitution de 2006. Pour le président de l’Église de Réveil du Congo, il s’agit moins de répondre aux attaques que de redonner au peuple congolais la maîtrise de sa loi fondamentale et de sa souveraineté.

Au-delà de la polémique, le combat pour une Constitution souveraine

Interviewé par RD CONGO-MONDE Magazine après les controverses liées à son engagement, l’Archevêque Évariste Ejiba Yamapia, président de l’Église de Réveil du Congo et de la Plateforme des confessions religieuses, refuse d’entrer dans le jeu des polémiques. Il préfère exposer posément ce qu’il appelle ses « idées-force » : réviser la Constitution pour redonner au peuple congolais l’exercice plein de sa souveraineté.

On perçoit dans sa voix la sérénité de ceux qui savent où ils vont. Lorsqu’il nous a accordé cet entretien, il n’a pas cherché à répondre aux attaques. Son premier mot a été pour saluer la démarche : « Aujourd’hui, il faut éviter de publier sans vérifier. » L’orientation est claire : ici, on n’alimente pas la querelle, on éclaire le débat.

« Je ne me défendrai pas de ce qui n’existe pas »

Face aux critiques qui se multiplient depuis qu’il porte la voix des hommes d’Église favorables à la révision de la Constitution de 2006, l’Archevêque refuse la logique du répondant médiatique. « Je ne veux pas entrer dans un jeu de ping-pong. On se justifie sur des faits. Comment se justifier sur ce qui n’existe pas ? »

Pour lui, ces attaques traduisent moins une inquiétude citoyenne qu’un agenda contrarié. « Ils défendent un agenda qui échoue. Nous devenons l’obstacle. » Il évoque aussi la visite récente du Chef de l’État venu prier dans son église, un moment qu’il assume sans détour : « Il est venu prier chez moi. Allais-je refuser ? C’est arrivé au bon moment. Je ne peux que rendre grâce. »

Il résume la situation par un proverbe : « Quand les mangues mûrissent, on jette des pierres sur le manguier. Le manguier ne demande pas pourquoi. »

Une Constitution, deux enjeux

Loin de se placer sur la défensive, l’Archevêque recentre le débat sur ce qu’il juge essentiel : refondre la loi fondamentale. Il distingue deux niveaux souvent confondus.

L’enjeu politique, qu’il assume ouvertement : « Changer la Constitution a un impact politique. Tout le monde le sait. » Il n’y a ni déni ni ambiguïté : c’est un acte politique majeur.

L’enjeu de souveraineté nationale, qu’il considère comme le cœur du combat : « En changeant la Constitution, nous pouvons reconquérir notre souveraineté. Le peuple redevient maître de ses lois. Voilà notre combat », a-t-il expliqué.

Cette lecture rejoint le plaidoyer qu’il porte depuis plusieurs mois et qui l’a conduit, le 13 mai dernier, à annoncer la création d’une « Coalition citoyenne pour la nation ». Pour lui, la Constitution du 18 février 2006 freine aujourd’hui le développement attendu, d’autant plus au regard des accords récemment conclus.

Le leader anticipe

Pour expliquer la solitude relative dans laquelle il mène ce combat, l’Archevêque revient sur son parcours. En 2006, quand il s’était présenté aux législatives, certains de ses collègues pasteurs s’étonnaient : « Un pasteur qui entre en politique ? » Vingt ans plus tard, cette démarche est devenue courante. « C’est cela, être un leader : voir avant les autres, anticiper et ouvrir la voie. »

Il attribue une partie des résistances actuelles à des opposants affaiblis qui chercheraient à manipuler une opinion mal informée des véritables enjeux.

Une fraternité qui dure

L’échange révèle aussi la solidité des liens humains qui soutiennent son engagement. Interrogé sur le Dr Daniel Kapula, présenté comme un père spirituel, il répond simplement : « Kapula est mon frère. Nous marchons ensemble depuis plus de trente ans. » Une fidélité rare dans un milieu souvent marqué par les ruptures.

Communiquer la vision, pas la défense

En conclusion, l’Archevêque adresse une demande directe aux médias : « Accompagnez la diffusion de nos idées-force. Parlez de la vision, pas des polémiques. Je n’ai rien à défendre. »

Il reconnaît l’ampleur de la tâche : « Il faut abattre un travail de titan pour vulgariser et faire comprendre au peuple. » Mais la direction reste claire. L’invitation au monde médiatique est posée : porter le débat sur le fond, sur la souveraineté et sur le droit du peuple à être maître de ses lois.


RD CONGO-MONDE prendra toute sa part dans ce débat d’avenir, en toute objectivité, en donnant la parole à ceux qui construisent. Cet entretien ouvre un accompagnement éditorial que nous poursuivrons, fidèles à notre mission : informer, vérifier, éclairer.

La rédaction Rd Congo-monde magazine

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