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RDC : vers la fin du cash en devises, la Banque centrale durcit le ton après les scandales

En République Démocratique du Congo, les récentes affaires de saisies de millions de dollars en espèces ont agi comme un électrochoc.

Entre images virales d’importantes sommes étalées dans une chambre d’hôtel à Kinshasa et interception de fonds à l’aéroport international de N’djili, la question du contrôle des flux financiers s’impose désormais au cœur du débat public.

Face à la polémique, le gouverneur de la Banque Centrale du Congo (BCC), André Wameso, a tenté d’apporter des clarifications lors d’une conférence de presse. Selon lui, l’institution ne traite pas directement avec des particuliers et privilégie les transactions bancarisées, même si des dérogations ponctuelles peuvent exister.

Dans le premier dossier, largement relayé sur les réseaux sociaux, un comptable lié à une institution politique aurait retiré plusieurs millions de dollars en espèces avant de régler un prestataire en liquide. Pour la Banque centrale, les faits s’arrêtent à ce stade : « les éléments ont été établis », a indiqué le gouverneur, précisant que d’autres services sont désormais chargés de vérifier la régularité de l’opération.

Autre affaire sensible était la saisie de près de 4 millions de dollars à l’aéroport de N’djili. Ces fonds, destinés à une agence de transfert opérant dans l’Est du pays, excédaient le montant préalablement déclaré. Là encore, des enquêtes sont en cours pour déterminer d’éventuelles responsabilités et sanctions.

Mais au-delà de ces cas, c’est une réforme structurelle que prépare la Banque centrale. Dans un contexte marqué par une forte dollarisation de l’économie, l’institution annonce un tournant majeur : l’interdiction progressive de l’usage des devises étrangères en espèces. À partir du 9 avril 2027, aucune transaction en liquide en monnaie étrangère ne sera autorisée sur le territoire.

L’objectif affiché est celui de renforcer la traçabilité des flux financiers, lutter contre la fuite des capitaux et encourager les paiements numériques. Une mesure qui s’accompagne également d’une décision forte qui est l’interdiction faite aux banques commerciales d’importer du cash depuis l’étranger d’ici cette même échéance.

Si la Banque centrale défend une modernisation nécessaire du système financier, ces annonces suscitent déjà des inquiétudes dans le secteur bancaire.

Certains acteurs redoutent des effets pervers, notamment en matière de liquidité et de concurrence, dans un pays où le recours au dollar reste profondément ancré dans les pratiques économiques.

Ridie Enembe (stagiaire)

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