La visite du président congolais Félix Tshisekedi à Zanzibar en Tanzanie intervient alors que la RDC cherche à renforcer ses connexions commerciales avec l’océan Indien dans le cadre du partenariat avec la Tanzanie, plaçant le corridor de Dar es Salaam au centre des enjeux liés au commerce, aux infrastructures et à l’exportation des ressources congolaises., au-delà de la diplomatie.
La relation entre la RDC et la Tanzanie se joue aussi sur les routes qui permettent aux marchandises de circuler. Pour Kinshasa, l’accès à l’océan Indien constitue un enjeu économique majeur, notamment pour faciliter l’acheminement des produits miniers et l’approvisionnement du marché congolais.
A cela, le corridor de Dar- es- Salaam occupe une position stratégique. Il relie la Tanzanie à plusieurs pays d’Afrique de l’Est et permet à la RDC d’accéder au port de Dar es Salaam pour ses échanges avec les marchés internationaux.
C’est dans cette perspective que la visite de travail de Félix Tshisekedi à Zanzibar prend une dimension particulière. Les discussions avec la présidente tanzanienne Samia Suluhu Hassan portent notamment sur le commerce, les investissements, les transports et les infrastructures, autant de secteurs directement liés à la fluidité des échanges entre les deux pays.
Un enjeu qui dépasse les minerais
En effet, l’intérêt de Kinshasa pour cette liaison ne se limite pas seulement à l’évacuation des minerais. Le développement des infrastructures de transport peut également faciliter l’entrée en RDC de biens de consommation, de produits agricoles et d’équipements nécessaires à l’activité économique.
Par ailleurs, une meilleure connexion avec les ports de l’océan Indien pourrait contribuer à diversifier les voies d’acheminement utilisées par la RDC, dont le vaste territoire rend les questions logistiques particulièrement importantes.
À cette dimension économique s’ajoute la proximité géographique. La RDC et la Tanzanie partagent une frontière et appartiennent toutes les deux à la Communauté d’Afrique de l’Est. Cette appartenance crée un cadre supplémentaire pour développer les échanges et améliorer la circulation des marchandises
Des défis logistiques persistants
L’utilisation accrue du corridor de Dar es Salaam dépend aussi de la capacité des infrastructures à absorber davantage de trafic. Les réseaux routiers et ferroviaires, les procédures douanières ainsi que les coûts de transport restent déterminants pour la compétitivité des échanges.
La question de la sécurité régionale constitue également un facteur important. La stabilité dans l’Est de la RDC conditionne en partie la fluidité des échanges terrestres et la capacité des opérateurs économiques à travailler dans de bonnes conditions.
Ainsi, derrière les discussions diplomatiques de Zanzibar se dessine un enjeu plus concret : la capacité de la RDC à mieux connecter ses zones de production aux marchés régionaux et internationaux.
Dans tous les cas, la coopération avec la Tanzanie pourrait y contribuer, à condition que les engagements annoncés se traduisent par des infrastructures plus efficaces, des échanges plus fluides et des mécanismes de transport capables de soutenir durablement la croissance du commerce entre ces deux pays.
Alemwa Ibango Yasmine



