
Dans une déclaration rendue publique ce lundi 23 mars, le Prix Nobel de la paix, le Dr Denis Mukwege a dressé un constat préoccupant de la situation politique dans son pays, la République démocratique du Congo, évoquant une crise qui dépasse le cadre institutionnel pour toucher à la responsabilité morale des dirigeants.
« Que se passe-t-il au sommet des institutions ? », a-t-il interrogé, tout en pointant un déséquilibre dans le fonctionnement des pouvoirs publics. Selon lui, le rôle du Parlement dans le contrôle de l’Exécutif apparaît fragilisé, ce qui remet en question les fondements mêmes de l’État de droit.
Dans un ton à la fois ferme et interpellatif, l’ancien candidat présidentiel appelle les responsables politiques à faire preuve de dignité et de responsabilité. Il dénonce une pratique du pouvoir qu’il juge éloignée des exigences de transparence et de redevabilité.
S’adressant au Chef de l’État, Félix Tshisekedi, il attire l’attention de celui-ci sur l’influence de son entourage, mettant en garde contre les dynamiques internes susceptibles de fragiliser la prise de décision.
Cette déclaration intervient dans un contexte politique marqué par des recompositions au sein de la majorité présidentielle, notamment après les départs de Vital Kamerhe et Modeste Bahati Lukwebo. Pour le Nobel, ces évolutions traduisent des tensions qui pourraient être liées à des enjeux institutionnels majeurs.
En invoquant la mémoire de Patrice Lumumba, Denis Mukwege conclut son propos par un appel à l’intégrité et à la constance, estimant que la crédibilité de l’action publique repose avant tout sur ces valeurs.
Alemwa Ibango Yasmine