RDC-FEC : Un nouveau Code minier en préparation pour garder la main sur les métaux de la transition

La Chambre des mines de la Fédération des entreprises du Congo (FEC) a ouvert mercredi 15 juin 2026 à Kinshasa un forum de trois jours consacré à la révision du Code minier. L’événement rassemble le gouvernement, les sociétés minières, des experts, des partenaires techniques et financiers, des ONG et des représentants des communautés locales.
Huit ans après la réforme de 2018, l’objectif est clair : adapter le cadre légal aux nouveaux défis du secteur tout en préservant l’attractivité de la RDC.

*Un secteur minier en pleine accélération*

Dans son discours d’ouverture, Robert Malumba, président national de la FEC, a dressé un bilan solide.
En 2025, la RDC a produit près de 3,4 millions de tonnes de cuivre, consolidant son rang de 2e producteur mondial. Au premier trimestre 2026, les exportations de cuivre ont déjà atteint environ 824 000 tonnes.

Autre signal fort : les budgets d’exploration ont bondi de 72 % pour atteindre près de 86 millions de dollars. Cette hausse reflète l’appétit des investisseurs pour les « métaux de la transition », alors que la demande mondiale en cuivre et cobalt explose avec l’essor des batteries, des véhicules électriques et des énergies renouvelables.

Sur le cobalt, la RDC reste incontournable avec près de 70 % des réserves mondiales et une production annuelle estimée entre 220 000 et 245 700 tonnes. Le pays fournit aujourd’hui plus de 60 % du cobalt raffiné utilisé dans les batteries.
Côté or, les exportations officielles ont dépassé 28,2 tonnes en 2025, générant plus de 2,2 milliards de dollars de recettes. Un chiffre en hausse, porté par la lutte contre la fraude et la bancarisation progressive du secteur.

*Vers un Code minier plus équilibré et tourné vers la transformation locale*

Pour Robert Malumba, toute révision doit s’inscrire dans la durée. Il plaide pour un cadre qui permette à l’État de maximiser la rente minière sans décourager les capitaux privés.

« Les investisseurs savent gérer le risque géologique. Ce qu’ils redoutent, c’est l’instabilité juridique et fiscale. Nous avons besoin de règles stables, prévisibles et compétitives pour rester attractifs face au Chili, à l’Australie ou à l’Indonésie », a-t-il insisté.

Le président de la FEC a identifié 4 priorités pour la réforme :
1. *La sécurité juridique* : garantir la stabilité des conventions et la protection des investissements
2. *La transformation locale* : accélérer la construction d’usines de raffinage et de précurseurs de batteries en RDC pour capter plus de valeur
3. *La gouvernance et la traçabilité* : renforcer la lutte contre la fraude, notamment via la digitalisation des services comme l’IGF, et améliorer la transparence dans la chaîne d’approvisionnement
4. *Le contenu local et le développement durable* : mieux redistribuer les retombées aux communautés, formaliser l’artisanat minier et réduire l’empreinte environnementale

Il a ensuite défini la philosophie du forum :
« Notre ambition n’est pas d’opposer les intérêts. Nous voulons construire une vision commune, où l’État, les entreprises, les investisseurs et les communautés locales avancent ensemble. Une vision dans laquelle la création de richesse va de pair avec une meilleure redistribution, une gouvernance renforcée, une transformation locale accrue et un développement durable. »

*Et après le forum ?*

À la clôture, le patronat attend des résultats concrets.
D’abord, un document de recommandations techniques crédible pour alimenter le débat parlementaire et gouvernemental.
Ensuite, un cadre de dialogue permanent public-privé pour suivre la mise en œuvre des réformes.

« En tant que président national de la FEC, je prends l’engagement de porter ces propositions au plus haut niveau des institutions. Il en va de la compétitivité de notre pays et de la création d’emplois pour les jeunes Congolais », a conclu Robert Malumba.

Richardo Ngoyi

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