
Le gouvernement congolais veut s’attaquer à la problématique du logement. L’initiative provient de la Première ministre Judith Suminwa, qui au cours du Conseil des ministres, a jeté le pont, afin d’établir le Fonds national de l’habitat (FONHAB) en une véritable banque publique. L’objectif : mobiliser des financements à long terme et faciliter l’accès au crédit immobilier.
Une réforme envisagée alors que les besoins du pays se chiffrent en dizaines de milliards de dollars.
La Société financière internationale, institution du groupe de la Banque mondiale avait déjà évoqué la problématique : la RDC aurait besoin de 132 milliards de dollars d’investissements, soit un peu plus de 110 milliards d’euros, pour résorber son déficit en logements. C’est environ sept fois le budget annuel de l’État.
Quelque 250 000 logements supplémentaires seraient nécessaires chaque année à travers le pays pendant quinze ans. Kinshasa concentre à elle seule la moitié du déficit national, avec un besoin estimé à 140 000 logements par an.
Pour le gouvernement, il s’agit d’un enjeu stratégique de souveraineté économique, de justice sociale et de stabilité politique. C’est dans ce contexte que la Première ministre a demandé aux ministres de l’Urbanisme et des Finances d’étudier la transformation du FONHAB en banque publique de l’habitat.
Cette institution aurait notamment pour mission de développer le crédit hypothécaire, de valoriser le patrimoine immobilier de l’État et de sécuriser les programmes de logements sociaux. Pour le gouvernement, l’enjeu dépasse donc la seule construction de logements : il s’agit aussi d’attirer les capitaux privés, de créer des emplois et de renforcer la stabilité sociale.
JIPE ITOUPA

