En République démocratique du Congo, le combat contre Ebola continue de s’écrire. Au 10 août 2026, cinq provinces portent encore le poids du virus : Ituri, Haut-Uélé, Nord-Kivu, Sud-Kivu et Tshopo. Sur cette carte meurtrie, 53 zones de santé restent touchées. La terre, pour un temps, s’est faite plus clémente. Cette accalmie géographique offre aux équipes une respiration : celle d’avancer porte après porte, village après village, pour débusquer le virus là où il se cache.
L’implication communautaire, levier principal de la mobilisation
La stratégie a changé sur le terrain. La surveillance ne repose plus uniquement sur les centres de traitement. Les équipes identifient les cas suspects, mènent l’enquête et orientent directement les patients. Aux points d’entrée des zones affectées, le contrôle sanitaire a été renforcé pour couper les chaînes de transmission.
Le suivi des contacts atteint 82,7 %. Des relais locaux expliquent, rassurent et font accepter les mesures. Sans cette adhésion, ni les isolements ni les enterrements dignes et sécurisés ne sont possibles. La décontamination et la sensibilisation dans les marchés complètent le dispositif.
À l’opposé de l’épicentre, le Sud-Kivu n’a enregistré aucun nouveau cas confirmé depuis 75 jours. Les autorités locales attribuent cette accalmie au travail de proximité mené ces derniers mois. Ce modèle est désormais reproduit dans les autres provinces touchées.
Par ailleurs, la province de l’Ituri reste le foyer qui résiste encore.
Elle concentre toujours l’essentiel de la flambée. Selon les autorités sanitaires, c’est là que la pression est la plus forte. Sur les 716 malades actuellement pris en charge en isolement, une grande partie vient de cette province.
Un bilan lourd, une dynamique qui évolue
Depuis le début de l’épidémie 4 449 cas sont confirmés dont 2 061 décès et 886 guéris. Le Taux de létalité est quant à lui estimé à 46,3 %.
Face à ces chiffres, les autorités et leurs partenaires misent sur deux axes à savoir : maintenir la pression là où le virus circule encore, et généraliser ce qui a permis au Sud-Kivu de stopper la transmission.
Certes, l’épidémie n’est pas terminée. Mais pour la première fois depuis plusieurs mois, des provinces passent de la gestion de crise à la consolidation.
Richardo Ngoyi




