Kinshasa et Bujumbura veulent transformer les déplacements forcés en retour durable grâce à un mécanisme coordonné avec le HCR
Après des années marquées par des déplacements de populations et des crises sécuritaires dans la région des Grands Lacs, la République démocratique du Congo et le Burundi cherchent une nouvelle approche pour organiser le retour de leurs citoyens réfugiés.
Réunis à Kinshasa, les représentants des deux pays et du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) ont convenu de renforcer leur coopération autour du rapatriement volontaire, avec un objectif : garantir des retours sécurisés et éviter de nouvelles situations d’instabilité.
Les travaux de la deuxième réunion tripartite ont permis d’aborder les principales difficultés liées au retour des réfugiés congolais et burundais installés de part et d’autre de la frontière. Parmi les priorités figurent l’identification des personnes concernées, leur enregistrement individuel ainsi que l’évaluation de leurs conditions de retour.
Pour les autorités et les partenaires humanitaires, le rapatriement ne peut pas se limiter au déplacement des populations vers leurs zones d’origine. Il doit également être accompagné par des mesures de réintégration, notamment à travers la relance des services essentiels, l’appui aux communautés d’accueil et un suivi après le retour.
La question reste particulièrement sensible dans l’Est de la RDC, où les violences armées continuent de fragiliser plusieurs territoires et d’alimenter de nouveaux mouvements de populations.
À Kinshasa, le ministre burundais de l’Intérieur, Leonidas Ndaruzaniye, a salué la coopération entre les deux États, soulignant l’importance d’une réponse commune aux défis migratoires et sécuritaires.
Le Vice-Premier ministre congolais chargé de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, a pour sa part appelé à une implication accrue de la communauté internationale. Selon lui, l’accompagnement doit couvrir aussi bien le rapatriement que la reconstruction des zones affectées par les déplacements prolongés.
Le HCR a réaffirmé son engagement à soutenir les deux gouvernements dans la mise en œuvre des décisions issues de ces échanges.
La signature du rapport final ouvre ainsi une nouvelle étape dans la gestion d’une question qui reste au cœur des enjeux humanitaires et sécuritaires dans la région des Grands Lacs.
Yasmine Alemwa Ibango



