Pendant un mois, les regards de la diplomatie du Congo assurent la présidence tournante du Conseil de sécurité des Nations Unies, une responsabilité qu’elle retrouve pour la première fois depuis plus de trente ans. Au-delà du caractère protocolaire de cette fonction, cette présidence offre à la RDC une occasion rare d’influencer les débats sur les grandes questions de paix et de sécurité internationales.
Élu membre non permanent du Conseil de sécurité pour la période 2026-2027, le pays entend faire de ce mandat une plateforme de plaidoyer en faveur d’un multilatéralisme plus efficace et d’une gouvernance internationale davantage tournée vers la prévention des conflits.
Sous la devise « Plus de paix, plus de justice, plus de développement, plus de multilatéralisme », Kinshasa affiche une ambition claire : porter à l’agenda des Nations Unies des problématiques qui touchent directement le continent africain, mais dont les répercussions dépassent largement les frontières régionales.
Au premier rang figure la gouvernance des ressources naturelles. Pour la diplomatie congolaise, la richesse minière ne doit plus être perçue comme un facteur d’instabilité, mais comme un levier de développement durable lorsque sa gestion est transparente et responsable. La protection des populations civiles, la lutte contre l’impunité, la justice transitionnelle, l’agenda « Femmes, Paix et Sécurité » ainsi que l’implication de la jeunesse dans les processus de paix figurent également parmi les priorités du mois.
Cette orientation se traduira par trois rendez-vous diplomatiques majeurs au siège des Nations Unies à New York. Le 8 juillet, un briefing sera consacré aux violences sexuelles liées aux conflits. Le 13 juillet, une réunion en formule Arria examinera les liens entre les ressources naturelles, les conflits et la paix. Enfin, le 21 juillet, un débat public de haut niveau sur la gouvernance des ressources naturelles sera présidé par le président de la République.
Pour la RDC, cette présidence intervient dans un moment où les enjeux sécuritaires mondiaux se complexifient et où les appels à une réforme de la gouvernance internationale se multiplient. Elle constitue également un test pour la diplomatie congolaise, appelée à démontrer sa capacité à fédérer les membres du Conseil autour de dossiers sensibles.
Pendant trente et un jours, Kinshasa ne représentera pas seulement les intérêts de la RDC. Le pays aura aussi la responsabilité d’animer les travaux de l’organe le plus influent des Nations Unies, en faisant entendre une voix africaine sur les grands défis qui façonnent l’ordre international.
Yasmine Alemwa Ibango
