Home Monde ONU : Macky Sall officiellement candidat, une équation diplomatique aux multiples inconnus

ONU : Macky Sall officiellement candidat, une équation diplomatique aux multiples inconnus

Le Burundi a officiellement proposé la candidature de l’ancien président sénégalais Macky Sall au poste de Secrétaire général des Nations unies. Une jinitiative africaine qui intervient à quelques mois de la désignation du successeur de António Guterres, dans un contexte diplomatique où les équilibres zz

L’annonce a été rendue publique lundi 2 mars depuis le siège de l’Organisation des Nations unies à New York. Le Burundi, qui assure actuellement la présidence tournante de l’Union africaine, a officiellement présenté cette candidature pour succéder à António Guterres, dont le mandat arrive à échéance le 31 décembre prochain.

La désignation du nouveau Secrétaire général est attendue pour le 1er janvier.

L’ancien chef d’État sénégalais rejoint d’autres personnalités évoquées dans les cercles diplomatiques, notamment :

  • Michelle Bachelet, ancienne présidente du Chili ;
  • Rafael Grossi, directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique.

Si l’Afrique n’a dirigé l’ONU que deux  fois, avec l’Égyptien Boutros Boutros-Ghali (1992–1996)  et le Ghanéen Kofi Annan (1997–2006), plusieurs diplomates plaident régulièrement pour un retour du continent à ce poste stratégique.

La candidature de Macky Sall relance ainsi la question de la représentation régionale dans la gouvernance mondiale.

À noter : cette proposition n’a pas été annoncée par le Sénégal lui-même, mais par le Burundi. En diplomatie multilatérale, les candidatures peuvent être portées par des États tiers. Toutefois, l’absence de communication officielle de Dakar autour de cette initiative suscite des interrogations quant au degré d’alignement politique interne.

À ce stade, les autorités sénégalaises ne se sont pas exprimées publiquement.

Rappelons que Macky Sall a dirigé le Sénégal de 2012 à 2024. Durant son mandat, il a occupé un rôle actif sur la scène régionale et internationale, notamment au sein de l’Union africaine et de la CEDEAO.

Ses partisans mettent en avant son expérience institutionnelle, sa connaissance des mécanismes de gouvernance internationale et son implication dans les dossiers de sécurité en Afrique de l’Ouest.

Ses détracteurs, en revanche, rappellent les tensions politiques ayant marqué la fin de son second mandat, notamment les contestations liées au calendrier électoral et aux libertés publiques. Des éléments susceptibles d’alimenter les discussions diplomatiques en coulisses.

Notons que le Secrétaire général des Nations unies est recommandé par le Conseil de sécurité avant la validation par l’Assemblée générale.

Les cinq membres permanents :

  • les États-Unis,
  • la France,
  • le Royaume-Uni,
  • la Russie,
  • la Chine ; disposent chacun d’un droit de veto.

Autrement dit, la bataille sera moins médiatique que diplomatique. Alliances stratégiques, équilibres Est-Ouest et priorités sécuritaires mondiales pèseront davantage que les dynamiques politiques nationales.

À plusieurs mois de la décision finale, aucune candidature ne peut être considérée comme acquise ou compromise.

La proposition burundaise repositionne néanmoins l’Afrique dans la compétition et ouvre une séquence diplomatique qui s’annonce intense.

Au-delà des individualités, la question demeure : le continent parviendra-t-il à fédérer un soutien suffisamment large pour peser dans un processus où les grandes puissances conservent la clé du verrou institutionnel ?

La réponse se jouera dans les négociations, loin des tribunes publiques, au cœur du système multilatéral.

Yasmine Alemwa Ibango

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