La décision de suspension à titre provisoire du Directeur général de l’Office de Gestion du Fret Multimodal (OGEFREM), prise par le Vice-Premier Ministre, Ministre des Transports et Voies de Communication Jean-Pierre Bemba, suscite de vives interrogations au sein de l’opinion publique. Plusieurs observateurs y voient les signes d’un vice de procédure manifeste et d’un traitement expéditif qui s’apparente davantage à un règlement de comptes qu’à une démarche administrative normale.
Selon les éléments communiqués par la défense du Directeur général William KAZUMBA MAYOMBO suspendu, la procédure disciplinaire enclenchée ne respecterait pas les garanties fondamentales prévues par la Loi n°08/009 du 7 juillet 2008 relative aux établissements publics, laquelle impose un examen préalable des explications du concerné avant toute mesure de sanction. Dans le cas présent, la suspension serait intervenue moins de 24 heures après la réception d’une demande d’explication, sans qu’un avis formel n’ait été rendu sur la réponse du dirigeant de l’Office.
Des sources internes soulignent également que plusieurs griefs évoqués dans l’arrêté ministériel n’ont jamais fait l’objet d’une procédure disciplinaire formelle, renforçant ainsi le sentiment d’une décision prise dans la précipitation.
Dans sa lettre de ce lundi 26 janvier, adressée au Vice-Premier Ministre, Ministre Des Transports, Voies de Communication Et Désenclavement, William KAZUMBA fait un « recours gracieux » et se dit victime d’un coup monté de toutes pièces.
« Nous assistons à une violation flagrante du principe du contradictoire et de la présomption d’innocence administrative », a confié un juriste maison.
L’empressement observé dans l’organisation de la remise et reprise, un samedi, jour non ouvrable, en l’absence du Directeur général concerné, alimente davantage les soupçons d’un processus irrégulier. La présence d’un huissier de justice et la signature d’un procès-verbal de carence en dehors du cadre légal habituel sont perçues comme des indices d’un manque de sérénité dans la conduite du dossier.
Au-delà du cas de l’OGEFREM, cette affaire pose la question du respect des procédures dans la gestion des établissements publics. Dans un contexte où le gouvernement prône la bonne gouvernance et la transparence, il est essentiel que les décisions administratives soient fondées sur le droit plutôt que sur les humeurs. De nombreux observateurs appellent ainsi à une réévaluation de la mesure, soulignant l’importance de préserver la crédibilité des institutions et de garantir un traitement équitable aux gestionnaires publics soumis à l’autorité de tutelle.
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