C’est vraisemblablement l’hécatombe pour Saleh Mamman qui va désormais conjuguer sa liberté au passé au Nigeria.
Ancien membre du gouvernement nigérian, Saleh Mamman vient d’être rattrapé par une vaste affaire de corruption liée au secteur de l’électricité. La Haute Cour fédérale d’Abuja a condamné cet ex-ministre de l’Énergie, à une peine cumulée de 75 ans de prison pour blanchiment d’argent et détournement de fonds publics.
D’après les investigations de la Commission des crimes économiques et financiers (EFCC), plusieurs milliards de nairas destinés à des projets hydroélectriques auraient été détournés entre 2019 et 2021, période durant laquelle Saleh Mamman dirigeait le ministère de l’Énergie sous la présidence de Muhammadu Buhari.
Les enquêteurs estiment le montant blanchi à près de 33,8 milliards de nairas, soit environ 24,6 millions de dollars américains. Les fonds devaient initialement servir au financement des infrastructures énergétiques afin d’améliorer la desserte électrique dans plusieurs régions du Nigeria.
Le verdict a été prononcé mercredi à Abuja en l’absence de l’ancien ministre. Cette condamnation marque une étape importante dans les poursuites engagées contre d’anciens responsables de l’administration Buhari, régulièrement accusés de mauvaise gestion des finances publiques.
Au Nigeria, cette affaire suscite de nombreuses réactions dans un climat déjà tendu par les difficultés du secteur énergétique. Première puissance pétrolière africaine, le pays continue pourtant d’enregistrer de fréquentes coupures d’électricité et un accès limité au courant pour une large partie de sa population.
La faiblesse des infrastructures énergétiques reste l’un des défis majeurs des autorités nigérianes. Entre réseau vieillissant, insuffisance de production et détournements présumés de fonds destinés aux projets publics, plusieurs observateurs dénoncent un système fragilisé par des années de gouvernance controversée.
Au-delà du cas Saleh Mamman, d’autres anciens hauts responsables nigérians font actuellement l’objet d’enquêtes pour fraude financière, notamment dans les secteurs de la justice, des finances et du travail. Les autorités judiciaires affirment vouloir intensifier les poursuites contre les auteurs présumés de corruption au sein de l’appareil d’État.
Yasmine Alemwa Ibango
