Chaque année, le Mining Indaba s’impose comme bien plus qu’une conférence sectorielle. Il est devenu le principal espace de négociation, d’influence et de repositionnement stratégique de l’industrie minière africaine face aux grandes mutations économiques mondiales.
L’édition 2026, organisée du 9 au 12 février au Cape Town International Convention Centre (CTICC), confirme ce statut de plateforme incontournable où se croisent intérêts économiques, choix politiques et enjeux géopolitiques.
Avec plus de 10 000 délégués attendus, dont des chefs d’État, ministres des Mines, dirigeants de multinationales, investisseurs institutionnels, banques de développement et représentants des communautés, le Mining Indaba fonctionne comme un baromètre ambitions du secteur minier africain de la santé et des
Le Mining Indaba 2026 se tient dans un contexte international marqué par une accélération sans précédent de la transition énergétique. La demande mondiale en minerais critiques, notamment : Cobalt, cuivre, lithium, nickel, manganèse, redessine les priorités industrielles et met l’Afrique au centre du jeu.
Dans ce cadre, le forum devient un espace où se confrontent deux réalités :
- d’un côté, une pression croissante des marchés mondiaux pour sécuriser l’approvisionnement en minerais ;
- de l’autre, la volonté des pays africains de capter davantage de valeur, d’emplois et de retombées économiques.
Le thème retenu cette année, « Plus forts ensemble : réalisons des progrès grâce aux partenariats », traduit cette tension entre urgence économique et nécessité de coopération.
Derrière les panels et les discours officiels, le Mining Indaba est aussi un lieu de rapports de force feutrés.
C’est ici que se négocient :
- des accords d’investissement ;
- des partenariats public-privé ;
- des projets d’infrastructures ;
- des engagements sur la transformation locale et la durabilité.
Les États africains y testent leurs messages, rassurent les investisseurs ou, au contraire, posent leurs lignes rouges. Les entreprises minières, elles, cherchent à anticiper les évolutions réglementaires, à influencer les décisions politiques et à sécuriser leurs opérations dans un environnement de plus en plus concurrentiel.
Un des fils conducteurs du Mining Indaba 2026 reste la remise en question du modèle historique de l’extraction brute.
Les discussions mettent en avant :
- la transformation locale des minerais ;
- l’industrialisation des chaînes de valeur ;
- le développement des compétences africaines ;
- l’intégration des communautés locales et de l’exploitation artisanale.
Le forum devient ainsi un espace où se construit progressivement un nouveau narratif minier africain, axé sur la valeur ajoutée, la souveraineté économique et la durabilité.
Si le Mining Indaba est une vitrine des ambitions africaines, il met aussi en lumière les contradictions persistantes du secteur :
- cadres juridiques parfois instables ;
- déficits criants d’infrastructures ;
- tensions entre impératifs économiques et exigences environnementales ;
- attentes sociales élevées face aux retombées minières.
Ces réalités nourrissent des débats parfois vifs, mais essentiels pour crédibiliser le discours africain face aux investisseurs internationaux.
Au fil des éditions, le Mining Indaba s’est transformé en espace d’orientation stratégique. Les décisions annoncées ou esquissées au Cap influencent souvent les politiques minières nationales, les priorités d’investissement et les grandes tendances du secteur pour les années à venir.
En 2026, le forum confirme que l’avenir minier de l’Afrique ne se joue plus uniquement dans les sous-sols, mais aussi dans la capacité du continent à parler d’une seule voix, à structurer des partenariats équilibrés et à imposer sa vision dans l’économie mondiale.
Yasmine Alemwa Ibango
