
Annoncé officiellement le 13 février 2026, par le ministre de la Justice et Garde des Sceaux M. Guillaume Ngefa, en collaboration avec le ministère de la Santé publique, la suspension temporaire de l’incarcération de nouveaux détenus au Centre Pénitentiaire et de Rééducation de Kinshasa (CPRK) communément appelé Prison centrale de Makala, après la confirmation de plusieurs cas de choléra parmi les détenus, est effectivement d’application depuis le week-end passé.
Selon le patron de la Justice en RDC, cette mesure vise à limiter la propagation de la maladie qui a déjà fait 5 décès et de réduire la pression sur les bâtiments déjà saturés.
Située dans la commune de Selembao, à Kinshasa, la prison centrale de Makala est conçue pour accueillir environ 1 500 détenus. Mais elle loge aujourd’hui au moins 11 404 détenus, faisant d’elle l’un des établissements pénitentiaires les plus surpeuplés de la République Démocratique du Congo. Cette surpopulation génère des frais logistiques importants notamment : l’alimentation, la sécurité, les soins médicaux, la maintenance des infrastructures et la gestion du personnel pénitentiaire.
La propagation du choléra, soutenue par la promiscuité, l’insalubrité et l’insuffisance d’accès à l’eau potable, impose l’État congolais la mobilisation des fonds supplémentaires pour la prise en charge médicale des détenus infectés, l’achat de médicaments et de matériel médical, l’approvisionnement en eau potable, le renforcement des équipes médicales et la réhabilitation des installations sanitaires.
Au-delà de l’urgence sanitaire, la situation de Makala souligne les causes structurelles du surpeuplement de la prison.
La suspension des nouvelles admissions apparaît comme une mesure d’urgence, mais elle ne forme pas une solution durable. Mais une réforme globale du système pénitentiaire, englobant la modernisation des bâtiments, l’accélération des procédures judiciaires, pourrait réduire à la longue la pression budgétaire sur l’État congolais. La crise du Centre Pénitentiaire et de Rééducation de Kinshasa (CPRK) prouve que la problématique de la prison n’est pas seulement une problématique de droits humains, mais aussi un enjeu majeur de gouvernance économique et de finances publiques en République démocratique du Congo.
Ridie Enembe (stagiaire)