Kinshasa investit dans les drones : entre l’espoir et le doute

  Alors que l’insécurité continue de battre son plein dans la capitale, le gouvernement provincial de Kinshasa annonce un ambitieux projet de surveillance aérienne, en partenariat avec la société Call for Trading DRC Sarl. L’initiative combine l’utilisation de drones de haute technologie et d’une application mobile citoyenne, KIN ALERTE, censée permettre aux habitants de signaler rapidement des incidents et d’accélérer la réaction des forces de sécurité.

Cependant, cette vision high-tech semble se heurter à des réalités incohérentes  Kinshasa demeure une ville surpeuplée, avec des infrastructures limitées, des quartiers faiblement éclairés et a urbanisation chaotique. Les lampadaires manquants ou défectueux rendent certaines zones presque invisibles la nuit, compliquant la surveillance au sol et l’intervention rapide des forces de sécurité.

Dans ce contexte, certains observateurs se demandent si les drones représentent réellement la priorité, alors que des besoins élémentaires comme l’éclairage public ou le renforcement des patrouilles restent insuffisants. Au regard de ces questionnements, l’opinion kinoise se partage entre l’espoir et le doute.

En effet, la question de la vie privée ajoute une autre dimension critique. Les drones seront pilotés par des individus, avec accès potentiel à des images sensibles. La compétence et l’intégrité des opérateurs et des analystes seront déterminantes pour éviter que la technologie ne devienne une source de nouveaux risques plutôt qu’un outil de sécurité.

Le projet KIN ALERTE illustre la volonté des autorités de moderniser la lutte contre l’insécurité grâce à la technologie et à l’implication citoyenne. Mais, son succès dépendra non seulement de la formation et de la rigueur des équipes, mais aussi, de la capacité des décideurs à résoudre les déficits structurels de la ville, de l’éclairage public aux infrastructures de base. Sans la solution des problèmes de grande importance, quelque soit le système de surveillance le plus sophistiqué , risque de rester un symbole plus qu’une véritable transformation.

Comme quoi, qui vivra verra !

Yasmine Alemwa Ibango

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