Catherine Nzuzi wa Mbombo, figure de la vie politique congolaise et ancienne dirigeante du Mouvement Populaire de la Révolution (MPR), est décédée à Kinshasa à l’âge de 81 ans, selon des sources familiales. Sa dépouille a été transférée à la morgue de la Clinique Ngaliema, en attendant l’organisation des obsèques.
Actrice de premier plan de la scène politique zaïroise puis congolaise, Catherine Nzuzi wa Mbombo a occupé, durant plusieurs décennies, des fonctions importantes au sein des institutions de l’État. Elle a notamment été bourgmestre de la commune de la Gombe, vice-gouverneure, puis gouverneure du Bas-Zaïre (actuel Kongo Central), ainsi que membre du gouvernement.
Au sein du Mouvement Populaire de la Révolution (MPR), parti-État sous le régime de Mobutu Sese Seko, elle accède au poste de deuxième vice-présidente du Comité central. Cette position la place parmi les personnalités influentes du système politique de l’époque, dans un contexte marqué par une forte centralisation du pouvoir.
Née en 1944 à Tshumbe, dans l’actuelle province du Sankuru, et originaire du Kasaï-Central, Catherine Nzuzi wa Mbombo s’engage très tôt en politique. Elle est nommée bourgmestre de la commune de la Gombe à l’âge de 23 ans, amorçant une ascension rapide dans un environnement largement dominé par les hommes.
Elle a souvent évoqué l’influence de son père, ancien bourgmestre de Ndesha à Luluabourg (actuelle Kananga) et sénateur de la première législature, dans son orientation politique. Ce cadre familial a contribué à forger son intérêt pour la gestion publique et les affaires de l’État.
Restée fidèle au MPR au-delà de la période du parti unique, elle participe également aux institutions de la transition politique, notamment dans le cadre du gouvernement issu du dialogue intercongolais de Sun City.
En parallèle de sa carrière politique, Catherine Nzuzi wa Mbombo s’est investie dans le secteur des affaires. Elle revendiquait un parcours entrepreneurial construit progressivement, depuis des activités commerciales de base jusqu’à des opérations d’envergure.
Elle s’est par ailleurs exprimée à plusieurs reprises en faveur d’une plus grande implication des femmes dans la vie politique, appelant à un renforcement de leur présence dans les instances de décision.
Le décès de Catherine Nzuzi wa Mbombo intervient alors que la classe politique congolaise compte encore peu de femmes ayant accédé à des responsabilités de ce niveau sur une aussi longue période. Sa disparition marque la fin d’un parcours étroitement lié à plusieurs séquences majeures de l’histoire politique du pays.
Alemwa Ibango Yasmine
