Dans le Haut-Uélé, à plusieurs centaines de kilomètres de Kinshasa, l’or ne brille pas seulement dans les galeries souterraines. Il irrigue aussi les débats sur la gouvernance, la souveraineté économique et la responsabilité sociale des entreprises extractives.

Plus grand projet aurifère du continent, Kibali Gold Mine s’impose aujourd’hui comme l’un des piliers des recettes publiques de la République démocratique du Congo. Impôts, redevances minières, paiements aux sous-traitants locaux : la contribution financière est substantielle et structurelle pour les finances nationales.
Une enquête indépendante menée par trois médias nationaux a récemment confirmé un point clé : la décision de l’Autorité de régulation de la sous-traitance dans le secteur privé (ARSP) de mettre fin au partenariat entre Kibali et KMS relève exclusivement de l’autorité compétente.
Dans le dossier impliquant KMS, Boart Longyear et Tai Services, Kibali n’a fait qu’appliquer la décision réglementaire, assurant une transition conforme aux textes en vigueur. Un signal important dans un contexte où la régulation minière reste scrutée de près.
Au-delà des chiffres, l’impact se mesure sur le terrain. Écoles, centres de santé, routes, points d’eau : les investissements sociaux ont modifié le quotidien de plusieurs communautés riveraines.
À Kokiza, le programme de relocalisation a permis l’accès à des logements modernes, intégrant infrastructures scolaires et sanitaires. Un modèle souvent cité dans les discussions sur la responsabilité sociale minière.
Autre élément structurant : le modèle énergétique hybride combinant hydroélectricité, solaire et stockage par batteries. Le parc solaire de 44 MW réduit significativement la dépendance au diesel et les émissions de CO₂.
À l’heure où la pression internationale s’intensifie sur l’empreinte carbone des industries extractives, ce positionnement renforce la crédibilité environnementale du site.
Pour Kinshasa, l’enjeu est clair : faire du secteur minier non seulement un levier fiscal, mais un moteur durable de transformation territoriale.
Dans le Haut-Uélé, l’or de Kibali reste un symbole. Reste à maintenir l’équilibre entre performance économique, exigence réglementaire et justice sociale — trois piliers qui conditionnent la confiance.
La Rédaction