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Justice internationale : l’étau se resserre sur les chefs du M23 et de l’AFC

La machine judiciaire internationale s’active dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC). La commission d’enquête indépendante de l’ONU s’apprête à lancer ses investigations de terrain, une étape clé pour documenter les crimes de guerre présumés dans les zones sous contrôle rebelle.

Mandatée par le Conseil des droits de l’homme après la prise de Goma et la flambée de violences attribuée au M23, la commission doit établir les faits sur les violations du droit international humanitaire commises au Nord et au Sud-Kivu. Trois experts indépendants sont attendus à Kinshasa avant de se rendre à Goma, épicentre de l’insécurité.

Sur le terrain, la méthode sera minutieuse : recueil de témoignages, collecte de preuves, recoupement des allégations de massacres, violences sexuelles et enrôlement d’enfants. L’enjeu est clair. Identifier les responsabilités individuelles pour alimenter d’éventuelles poursuites devant des tribunaux congolais ou internationaux, et nourrir des dossiers de sanctions ciblées.

Plusieurs noms circulent déjà. Des figures militaires du M23 comme Sultani Makenga et Bertrand Bisimwa sont régulièrement citées par Kinshasa et des ONG pour des exactions contre les civils. Corneille Nangaa, coordonnateur de l’AFC et allié politique du mouvement, pourrait aussi être concerné si les éléments récoltés le justifient.

La commission n’exclut aucune piste. Son mandat couvre l’ensemble des faits liés à la crise. À ce titre, d’autres acteurs politiques pourraient être mentionnés dans le rapport si des informations crédibles émergent. L’ancien président Joseph Kabila fait partie des personnalités dont le rôle pourrait être examiné.

Pendant que la crise humanitaire s’enlise, avec des milliers de morts et des déplacés par centaines de milliers, Kinshasa accuse Kigali de soutenir le M23. Des accusations que le Rwanda rejette systématiquement.

Pour les observateurs, l’arrivée des enquêteurs change la donne. Au-delà du symbole, leurs conclusions pèseront sur les prochains arbitrages diplomatiques et judiciaires. Après des décennies d’impunité dans l’Est, c’est un signal fort envoyé aux commanditaires comme aux exécutants.

Richardo Ngoyi

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