
La frontière entre la République Démocratique du Congo (RDC) et le Burundi est fermée depuis plusieurs semaines par les autorités burundaises.
Selon Bujumbura, cette décision est prise pour des raisons de sécurité particulièrement, des tensions armées et des risques d’infiltration de rebelles qui opèrent dans l’Est de la RDC.
Cette fermeture suscite une vive inquiétude et montre les fragilités de la coopération diplomatique dans la région des Grands Lacs, au milieu de la population de la ville congolaise d’Uvira, chef-lieu temporaire de la province du Sud-Kivu.
Dans les marchés, les ports et les rues commerçantes, les habitants racontent une même réalité : l’arrêt des transferts des biens a paralysé les échanges, réduit les revenus et accentué la précarité. Les commerçants, les transporteurs et les leaders communautaires multiplient les appels aux autorités congolaises et burundaises pour une réouverture rapide, estimant que la fermeture actuelle pénalise les civils et fragilise les connexions traditionnelles entre les deux peuples.
Ce verdict soulève des questions diplomatiques plus larges. Il met en valeur la nécessité d’une coordination bilatérale renforcée entre Kinshasa et Bujumbura, mais aussi l’implication effective des cadres régionaux tels que la Communauté de l’Afrique de l’Est (EAC) et la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL), tenu de mettre en avant la libre circulation, la sécurité collective et l’intégration économique.
La crise actuelle constitue un révélateur, d’une diplomatie régionale souvent réactive plutôt que proactive. Une réouverture progressive de la frontière, assortie de mécanismes conjoints de contrôle et de coopération sécuritaire, pourrait représenter un compromis entre la protection des frontières et la relance des échanges transfrontaliers.
À défaut d’un dialogue diplomatique, la fermeture prolongée risque de nourrir les tensions entre communautés frontalières, de paralyser les dynamiques d’intégration régionale et de fragiliser plus la stabilité dans une région accentuée par des crises sécuritaires et humanitaires fréquentes. À Uvira, la frontière n’est plus seulement un enjeu local : elle est devenue un indicateur de la diplomatie des Grands Lacs.
Ridie Enembe (stagiaire)

