France : Fin du “devoir conjugal” dans le mariage, la révolution est juridique… et morale

Les députés français ont frappé un grand coup : ils ont voté à l’unanimité ce Mercredi 28 janvier, la fin du “devoir conjugal” dans le Code civil. Une mesure historique qui casse enfin un tabou et promet de secouer les mentalités.

Le texte est clair : la communauté de vie au sein du mariage n’impose aucune obligation d’avoir des relations sexuelles. Fini l’ambiguïté qui pendant des siècles a permis de justifier pressions, manipulations et violences conjugales. Le Sénat doit encore se  prononcer, mais les d                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                     éputés espèrent une promulgation avant l’été 2026.

« Droit de cuissage… passer à la casserole… » Ces expressions ridicules reflètent la réalité d’une société qui a longtemps cru que le mariage donnait un droit absolu sur le corps de l’autre, surtout sur celui des femmes », dénonce Marie-Charlotte Garin, députée écologiste. « On doit mettre fin à cette idée que l’on “doit” quoi que ce soit à son conjoint. Jamais. »

Le Code civil parle de quatre devoirs : fidélité, secours, assistance et communauté de vie. Mais il n’y a aucun devoir d’avoir des relations sexuelles. Pourtant, certaines décisions de justice ont longtemps laissé croire le contraire. En 2019, un homme avait obtenu le divorce parce que son épouse refusait les rapports sexuels. La Cour européenne des droits de l’homme a condamné la France en janvier 2025, rappelant que ce flou juridique cautionnait une domination masculine inadmissible.

« Le mariage ne peut pas être une bulle où le consentement serait acquis à vie. Nous devons changer la loi et les mentalités », martèle Marie-Charlotte Garin.

Le texte interdit désormais que l’absence de relations sexuelles soit invoquée pour un divorce. Paul Christophe, député Horizons, souligne : « Les magistrats et avocats nous demandaient ce texte pour protéger le libre consentement. Mais l’objectif dépasse le juridique : il s’agit de prévenir les violences sexuelles et de changer des mentalités qui persistent. »

Car les chiffres sont glaçants : en France, un homme sur quatre estime encore qu’une femme doit avoir un rapport sexuel par devoir, pas par envie. « Il est temps de leur rappeler qu’ils se trompent », insiste Christophe.

Le vote déclenche déjà des réactions fortes. Les conservateurs crient à la remise en cause des fondements du mariage. Les féministes et défenseurs du consentement parlent d’une avancée historique. Ce qui se passe en France est un signal : le mariage n’est pas un droit sur le corps de l’autre, mais un engagement basé sur le respect et le choix.

Yasmine Alemwa Ibango

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