Est de la RDC : invention d’un système de paiement par carte biométrique pour maintenir l’aide et soutenir les marchés locaux

Dans l’est de la République Démocratique du Congo, la fermeture des banques dans les zones sous contrôle de l’AFC/M23, décidée par Kinshasa pour protéger les épargnants et freiner les circuits financiers de la rébellion, a de lourdes conséquences humanitaires.

Selon le rapport annuel 2025 du Programme Alimentaire Mondial (PAM), les transferts monétaires prévus au Nord-Kivu et au Sud-Kivu devaient atteindre 75 millions de dollars. Moins de 39 millions ont effectivement été distribués, soit à peine la moitié.

Or, l’aide en espèces joue un rôle clé, elle permet aux familles de choisir leurs denrées, soutient les marchés locaux et réduit les coûts logistiques. Mais avec la fermeture des banques, ce mécanisme est fortement perturbé.

Pour contourner cet obstacle, le PAM a lancé une alternative baptisée « Chakula sokoni » qui signifie « nourriture au marché ». Dans le territoire de Masisi, des cartes biométriques créditées de 15 dollars par personne permettent aux bénéficiaires d’acheter directement auprès de commerçants locaux équipés de terminaux électroniques.

Environ 30 000 personnes ont déjà bénéficié de ce dispositif, avec un taux de satisfaction de 83 %. Les commerçants en tirent également profit, les marchés locaux étant dynamisés par cette circulation d’argent, avec 75 % des produits disponibles sur place.

Mais cette initiative reste limitée, financée notamment par le Royaume-Uni, la Norvège, la Suède et le Canada, elle ne couvre pour l’instant que le territoire de Masisi. Tant que les banques resteront fermées, l’aide humanitaire aura du mal à atteindre l’ensemble des populations vulnérables dans l’est de la République Démocratique du Congo.

Ridie Enembe (stagiaire)

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