La visite du président sud-africain Cyril Ramaphosa à Kinshasa, ce jeudi 2 juillet, remet la science congolaise au centre de la lutte contre l’épidémie d’Ebola due à la souche Bundibugyo. Alors que cette variante ne dispose encore d’aucun vaccin homologué ni de traitement spécifique validé, l’Institut national de recherche biomédicale apparaît comme l’un des piliers de la réponse sanitaire.
Cyril Ramaphosa est arrivé à Kinshasa dans le cadre d’une visite officielle consacrée au renforcement de la riposte africaine contre Ebola et à la coopération entre la République démocratique du Congo et l’Afrique du Sud. Accueilli à l’aéroport international de N’djili par la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, au nom du président Félix Tshisekedi, le chef de l’État sud-africain porte un message de solidarité continentale face à une urgence sanitaire qui mobilise déjà les autorités congolaises et leurs partenaires.
Mais au-delà de la séquence diplomatique et de l’annonce d’un appui financier sud-africain de 13,5 millions de dollars américains, cette visite met en lumière un enjeu déterminant : la capacité de la RDC à produire, analyser et orienter les données scientifiques nécessaires pour freiner la progression de l’épidémie.
Déclarée le 15 mai dernier, la nouvelle flambée est liée au virus Ebola de souche Bundibugyo. Cette souche, moins documentée que la souche Zaïre, pose un défi particulier aux équipes médicales et scientifiques. À ce jour, aucun vaccin homologué ni traitement spécifique approuvé n’est disponible pour protéger les populations ou assurer une prise en charge thérapeutique standardisée des malades.
Dans cette bataille, l’Institut national de recherche biomédicale occupe une place stratégique. L’établissement assure notamment l’analyse des échantillons, la confirmation des cas, la surveillance génomique du virus et l’exploitation des données épidémiologiques. Son travail permet d’identifier les zones à risque, de suivre l’évolution de la transmission et d’adapter les mesures de prévention sur le terrain.
La visite annoncée de deux Chefs d’Etat à l’INRB doit ainsi rappeler l’importance de la recherche scientifique dans une riposte qui ne peut se limiter à la prise en charge des patients. La lutte contre Ebola se joue aussi dans les laboratoires, dans la rapidité de confirmation des cas, dans la qualité du suivi des contacts et dans la capacité à anticiper les mutations ou l’extension géographique du virus.
À Bunia, en Ituri, des essais cliniques portant sur des outils de traitement et de prophylaxie post-exposition sont attendus. Ces travaux pourraient ouvrir une nouvelle étape dans la réponse à la souche Bundibugyo, en particulier pour les personnels de santé et les personnes ayant été en contact avec des cas confirmés.
La RDC n’est donc pas uniquement le théâtre d’une nouvelle urgence sanitaire. Elle se trouve également au cœur d’un effort scientifique africain dont les résultats pourraient dépasser ses frontières. La présence de Cyril Ramaphosa à Kinshasa traduit cette nécessité : soutenir les infrastructures sanitaires, mais aussi investir dans la recherche congolaise, afin que les réponses aux épidémies africaines soient davantage pensées, testées et construites sur le continent.
Alemwa Ibango Yasmine




