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Lors de son discours d’ouverture de la session ordinaire du 15 septembre, Aimé Boji Sangara a défendu une démarche fondée sur « la raison et le bon sens », dans le respect de la souveraineté, de l’intégrité territoriale et des institutions de la République démocratique du Congo.
« Un dialogue patriotique suppose que chacun accepte de faire prévaloir la seule force qui vaille, celle de la raison et du bon sens », a déclaré le président de l’Assemblée nationale, soulignant la responsabilité des confessions religieuses dans la recherche d’un compromis national.
Il a notamment appelé l’Église catholique et l’ECC à « accompagner le processus de construction du consensus national dans un esprit d’apaisement, de vérité et de réconciliation, pour l’intérêt supérieur de la nation ».
Cette déclaration intervient alors que la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et l’ECC portent depuis plusieurs mois le « Pacte social pour la paix et le bien-vivre ensemble dans les Grands Lacs ». Cette initiative entend contribuer à la recherche de réponses durables aux crises sécuritaires et politiques qui affectent la RDC et la région.
Le rapprochement entre les deux démarches constitue désormais un enjeu du processus. Si le pouvoir affirme vouloir associer les différentes composantes de la société congolaise au dialogue, la CENCO et l’ECC ont déjà développé leur propre approche de la résolution des crises et exprimé des réserves sur certaines modalités du processus annoncé par le chef de l’État.
Néanmoins, Félix Tshisekedi avait annoncé officiellement le 28 août, l’organisation d’un dialogue national consacré à la paix, à la cohésion et à la refondation de l’État. Le chef de l’État avait présenté cette initiative comme un cadre destiné à rechercher des solutions aux différentes crises auxquelles le pays est confronté, sur les plans politique, sécuritaire et institutionnel.
En sollicitant les confessions religieuses, Aimé Boji Sangara leur ouvre ainsi une place dans la recherche du consensus national.
Les contours de cette participation restent toutefois à préciser. Il faudra notamment déterminer si la CENCO et l’ECC seront directement associées aux travaux, si elles seront appelées à jouer un rôle de facilitation ou si leur contribution prendra une autre forme.
Le président de l’Assemblée nationale a également appelé les partenaires internationaux de la RDC à soutenir cette dynamique, tout en insistant sur son caractère national.
« Le dialogue national initié est avant tout une initiative congolaise, qui doit être conduite par les Congolais et dans le respect de notre souveraineté », a-t-il souligné.
Cette insistance sur la dimension congolaise intervient alors que la situation sécuritaire dans l’Est demeure au cœur des préoccupations nationales, avec la poursuite du conflit impliquant notamment l’AFC/M23.
L’enjeu porte désormais autant sur le principe du dialogue que sur ses modalités et les acteurs appelés à y prendre part. L’appel lancé à la CENCO et à l’ECC marque une ouverture envers deux acteurs religieux déjà engagés dans une démarche de paix, mais dont l’approche et le cadre d’action ne se confondent pas nécessairement avec ceux du processus présidentiel.
Reste à voir quelle place les institutions congolaises accorderont effectivement aux confessions religieuses et dans quelle mesure leur participation pourra contribuer à élargir le consensus autour du dialogue national annoncé par Félix Tshisekedi.
Alemwa Ibango Yasmine

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