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Crise au Sénat : les excuses de Bahati Lukwebo ne suffisent pas à calmer la fronde

Une polémique enflamme le Sénat, suite aux propos jugés controversés alimentant les tensions au sein de la chambre haute. Le deuxième vice-président du Sénat, Modeste Bahati Lukwebo, il s’agit de lui, se retrouve au centre d’une fronde politique qui fragilise sa position, malgré les excuses publiques qu’il a récemment présentées à ses collègues.
À l’origine de cette crise, une déclaration faite lors d’une conférence de presse au cours de laquelle, le professeur Bahati avait affirmé qu’il fallait « changer de mentalités avant de changer les textes ». Et pourtant, dans un contexte politique marqué par les débats autour d’une éventuelle révision constitutionnelle, ces propos ont été diversement interprétés et ont rapidement suscité des critiques et de diverses réactions parmi les sénateurs.
Pour certains parlementaires, cette déclaration a semé le doute et a ouvert une crise politique inattendue au sein même de la majorité.
Face à cet acharnement politique, Modeste Bahati Lukwebo a choisi mieux de présenter publiquement ses excuses, afin de dissiper ce lapsus lunguae un geste relativement rare dans la pratique politique congolaise.
Dans un message adressé à ses collègues sénateurs, il affirme que ses propos ont été mal interprétés et il réaffirme sa loyauté envers le président Félix Tshisekedi ainsi que son engagement au sein de l’Union sacrée de la Nation.
« Je présente mes excuses pour toute incompréhension et réaffirme ma loyauté au Chef de l’État ainsi que mon engagement au sein de la majorité présidentielle », écrit-il.
Le sénateur insiste également sur son attachement aux initiatives diplomatiques en faveur de la paix et rappelle son soutien à la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies, qui appelle notamment au cessez-le-feu et met en garde contre tout risque de fragmentation de la RDC.
Malgré cette tentative de rémission, la contestation reste sérieuse.
Plusieurs sénateurs ont décidé de maintenir la pression en lançant une motion de défiance visant M. Bahati.
En plus, à l’initiative de cette démarche, le sénateur Dany Kabongo affirme que le processus ne sera pas interrompu, malgré les excus présentées par Modeste Bahati Lukwebo.
Selon lui, le texte de la motion aurait déjà recueilli plus de 47 signatures, un chiffre qui traduit l’ampleur du malaise au sein du Sénat.
« Tout ce que nous cherchons, c’est la bonne marche de notre institution. Il y a des attributions que Bahati devrait assumer, mais il fait le contraire », a déclaré le parlementaire.
Le sénateur estime par ailleurs que retirer cette motion sur la simple base des excuses du deuxième vice-président reviendrait à cautionner un dysfonctionnement au sein de la chambre haute.
« Retirer cette motion sur la simple base de ses excuses serait être complices du dysfonctionnement du Sénat », a-t-il ajouté.
 
La contestation a également pris une autre dimension politique lorsque le regroupement de Bahati Lukwebo, l’Alliance des Forces Démocratiques du Congo et Alliés (AFDC-A), prend ses distances avec ses déclarations personnelles sur la question des réformes constitutionnelles. (Un test politique pour la majorité)
Au-delà de la polémique, cette affaire met en lumière les tensions qui traversent la scène politique congolaise, où les équilibres au sein des institutions peuvent rapidement être remis en cause.
Pour Modeste Bahati Lukwebo, l’enjeu est désormais de préserver sa crédibilité au sein du Sénat, tout en démontrant sa fidélité à la majorité présidentielle et au chef de l’État.
Mais à mesure que la motion de défiance gagne du terrain, la question reste posée : les excuses du deuxième vice-président suffiront-elles à désamorcer la crise, ou la fronde sénatoriale ira-t-elle jusqu’au bout de son processus politique ?
Les prochains jours pourraient être déterminants pour l’avenir de l’un des principaux acteurs de la majorité au sein de la chambre haute. Qui vivra verra !
 
Yasmine Alemwa Ibango

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