Alors que la filière du cacao est en pleine paralysie en Côte d’Ivoire, le gouvernement a annoncé une mesure exceptionnelle : l’État va racheter la totalité des stocks de cacao actuellement emmagasinés dans les coopératives du pays. Objectif affiché : relancer les exportations et surtout permettre enfin le paiement des producteurs, étranglés par une crise qui dure depuis plusieurs mois.
Premier producteur mondial de cacao, la Côte d’Ivoire tire près de 14 % de son PIB de cette industrie stratégique, dont dépend directement ou indirectement près d’un cinquième de la population. Pourtant, depuis la mi-octobre 2025, la filière est à l’arrêt. Pour cause : la chute brutale des prix sur le marché mondial, passés d’environ 12 000 dollars la tonne fin 2024 à près de 5 000 dollars aujourd’hui, combinée à des problèmes de liquidités chez les acheteurs internationaux.
Résultat : les exportations tournent au ralenti, les stocks s’accumulent dans les entrepôts, et les producteurs se retrouvent sans revenus.
Dans plusieurs régions, notamment à Duekoué, des tonnes de fèves s’entassent dans les entrepôts. Les coopératives multiplient les demandes d’exportation, sans réponse du Conseil du café-cacao (CCC), paralysant toute la chaîne.
Officiellement, le prix bord champ est fixé à 2 800 FCFA le kilo pour la saison 2025-2026, un niveau record. Mais sur le terrain, de nombreux producteurs sont contraints de vendre en dessous de ce prix pour survivre.
Cette crise intervient dans un contexte sensible, à l’approche de l’élection présidentielle d’octobre 2026
Alors que l’État promet que « toute la production sera achetée », les producteurs, eux, attendent toujours que cette promesse se traduise en paiements concrets.




