
Le pape Léon XIV a quitté hier Alger, pour rejoindre le Cameroun, où il doit porter un message de paix dans les régions anglophones en proie à un conflit armé depuis près de dix ans.
Le souverain pontife, d’origine américaine, est attendu en début d’après-midi dans la capitale camerounaise, après une visite inédite en Algérie, marquée par des appels à la fraternité interreligieuse et un pèlerinage symbolique sur les traces de Saint Augustin.
Dans ce pays où environ 37 % des 30 millions d’habitants sont catholiques, l’Église joue un rôle central dans la médiation sociale et gère un vaste réseau d’écoles, d’hôpitaux et d’œuvres caritatives.
Cependant, au Cameroun, à la Cathédrale Notre-Dame-des-Victoires de Yaoundé, l’enthousiasme des fidèles était palpable, entre distribution de pagnes à l’effigie du pape et multiplication de banderoles à travers la ville, qui accueille la quatrième visite papale, depuis celle de Benoît XVI en 2009.
Toujours à Yaoundé, le pape s’entretiendra avec le président Paul Biya, doyen des chefs d’État en exercice, avant de prononcer un discours devant les autorités et le corps diplomatique au palais de l’Unité.
Le moment fort de la visite est attendu jeudi 16, avec un déplacement sous haute sécurité à Bamenda, l’épicentre de la crise anglophone. Ce conflit, qui a duré depuis 2017, oppose les forces gouvernementales aux séparatistes ayant proclamé la « République d’Ambazonie », qui a fait des milliers de morts et déplacé des civils. Entretemps, une trêve de trois jours a été annoncée par des groupes séparatistes pour permettre la visite papale.
Sur place, le pape doit célébrer une messe et prononcer un message de paix, dans une région où les populations civiles subissent enlèvements, violences et extorsions.
Plusieurs fidèles espèrent que cette visite contribuera à apaiser les tensions et à ouvrir la voie à une solution pacifique.
Le programme du souverain pontife se poursuivra, en outre, le vendredi à Douala, il célébrera une grande messe dans un stade où il rencontrera des représentants du monde du travail, dans un contexte socio-économique difficile marqué par le chômage et les tensions sociales.
Rappelons que, le pape, avant son arrivée au Cameroun, avait également demandé, lors de son passage en Algérie, à renforcer le dialogue interreligieux et à promouvoir le pardon, notamment lors de sa visite au Monument des Martyrs, symbole de la guerre d’indépendance contre la France.
Ce déplacement s’inscrit aussi dans une tournée africaine de près de 18 000 kilomètres, qui se poursuivra en Angola, puis se clôturera le 23 avril en Guinée équatoriale.
Ridie Enembe (stagiaire)