Le Conseil des ministres a adopté ce jeudi 29 janvier un décret dissolvant l’ensemble des partis politiques et supprimant le cadre juridique qui régissait jusque-là leur existence. Une décision sans précédent, qui acte de fait la fin du système multipartite dans le pays.
Le ministre de l’Intérieur, Émile Zerbo, a justifié cette mesure par la nécessité de « reconstruire l’État », après ce qu’il qualifie de dysfonctionnements profonds et dérives graves du système politique burkinabè.
« La prolifération des partis a nourri les divisions et fragilisé la cohésion nationale »,
Depuis le coup d’État de septembre 2022, le deuxième en moins d’un an, le Burkina Faso est dirigé par un régime militaire.
Les autorités justifient régulièrement les restrictions politiques par la dégradation persistante de la situation sécuritaire, marquée par les attaques de groupes armés liés à Al-Qaïda et à Daech.
Dans ce contexte, le gouvernement estime que les partis politiques sont devenus des facteurs de blocage, plutôt que des instruments de stabilité.
Initialement prévues en juillet 2024, les élections ont été reportées à plusieurs reprises, au nom de l’instabilité sécuritaire.
Aucune nouvelle date n’a, pour l’instant, été officiellement confirmée.
Avant le coup d’État, le Burkina Faso comptait plus de 100 partis politiques enregistrés, dont 15 représentés au Parlement à l’issue des élections générales de 2020.
Aujourd’hui, tous sont dissous.
Cette annonce marque un durcissement sans précédent du régime de transition et soulève de vives inquiétudes sur l’avenir démocratique du pays.
Pour de nombreux observateurs, la dissolution des partis politiques concentre davantage le pouvoir entre les mains de la junte, tout en éloignant un peu plus le Burkina Faso de la promesse d’un retour à l’ordre constitutionnel.
Yasmine Alemwa Ibango
