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3 ministres autour d’une table : une coordination pour sortir de la défaillance minant le secteur de la télécommunication

Une réunion stratégique s’est tenue ce lundi 26 janvier 2026 entre trois figures clés du Gouvernement congolais, dans le but, officiellement de renforcer la qualité des services de télécommunication à l’échelle nationale. Autour de la table : le ministre des Postes et Télécommunications, José Mpanda Kabangu, ses collègues de l’Économie numérique, Augustin Kibassa Maliba, et de la Communication et Médias, Patrick Muyaya Katembwe.

Présentée comme une rencontre décisive, cette concertation tripartite visait à finaliser un rapport détaillé sur la mise en œuvre des instructions du Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo. Des instructions émises lors de la 74ᵉ session du Conseil des ministres du 9 janvier dernier, face aux dysfonctionnements chroniques qui minent les réseaux et services de télécommunication à travers le pays.

Sur le papier, l’initiative est louable, tandis que dans les faits, elle soulève des interrogations.

En effet, la qualité des services de télécommunication en République démocratique du Congo, depuis plusieurs années, demeure un sujet de préoccupation majeure : Coupures intempestives, internet instable, coûts élevés, zones blanches persistantes, faible couverture en milieu rural : le diagnostic est largement partagé, tant par les usagers que par les opérateurs et les pouvoirs publics.

La connectivité, désormais érigée en pilier du développement économique, du fonctionnement de l’administration publique et de la vie quotidienne des citoyens, reste pourtant fragile, inégale et peu fiable. À l’ère de la digitalisation des services publics, de l’économie numérique et de la communication instantanée, ces défaillances constituent un frein structurel au progrès.

Dès lors, la question centrale n’est plus celle du constat, mais bien celle de l’action.

 Quoiqu’il en soit, cette réunion tripartite illustre, du moins dans sa forme, une volonté de coordination intersectorielle. Télécommunications, économie numérique et communication institutionnelle sont appelées à travailler de concert, sous l’impulsion du Chef de l’Etat pour proposer des solutions concrètes et opérationnelles pour une meilleure appréhension du problème dans ce domaine.

Le rapport circonstancié en cours de finalisation est annoncé comme une feuille de route pour des actions correctives à court et moyen terme. Une promesse de plus dans un secteur où les plans stratégiques, réformes annoncées et engagements solennels se sont souvent heurtés à la lenteur administrative, au manque de suivi et à l’absence de mécanismes contraignants.

Car au-delà des réunions ministérielles, les citoyens attendent des résultats mesurables : une amélioration réelle de la qualité du service, une régulation plus ferme des opérateurs, une transparence sur les investissements, et une réduction tangible de la fracture numérique.L’enjeu pour le Gouvernement est désormais celui de la crédibilité. Les instructions présidentielles, aussi claires soient-elles, ne produiront d’impact que si elles sont accompagnées de décisions courageuses, de calendriers précis et de mécanismes de contrôle effectifs.

La coordination intersectorielle, souvent invoquée, ne doit pas se limiter à des échanges de rapports ou à une communication institutionnelle bien calibrée. Elle doit se traduire par des arbitrages clairs, des responsabilités définies et, surtout, une obligation de résultats.

Dans un pays où le numérique est présenté comme un levier de transformation, l’échec à réformer durablement le secteur des télécommunications poserait une question plus large : celle de la capacité de l’État à traduire la volonté politique en politiques publiques efficaces.

Cette initiative conjointe intervient dans un contexte de fortes attentes sociales. Pour de nombreux Congolais, la connectivité n’est plus un luxe, mais une nécessité vitale : pour travailler, étudier, entreprendre, s’informer et rester connectés au monde.

Reste à savoir si la réunion du 26 janvier marquera un véritable tournant, ou si elle s’inscrira dans la longue liste des concertations sans lendemain. Le rapport attendu sera jugé non pas à la qualité de ses formulations, mais à sa capacité à produire des changements visibles sur le terrain.

En matière de télécommunications, le temps des diagnostics est révolu. Celui des actes est désormais exigé.

Yasmine Alemwa Ibango

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