Home Politique Ebola :  arrivé à Kinshasa, Tedros lance un cri d’alarme pour une...

Ebola :  arrivé à Kinshasa, Tedros lance un cri d’alarme pour une mobilisation totale face à la   progression de l’pidémie

La République démocratique du Congo demeure engagée dans une course contre la montre pour contenir l’une des plus graves épidémies d’Ebola de son histoire récente. Alors que le virus poursuit sa progression dans l’Est du pays, le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, est arrivé à Kinshasa, afin de renforcer la coordination de la riposte et de réaffirmer le soutien de la communauté internationale aux autorités congolaises.

Cette visite intervient dans un contexte particulièrement préoccupant. Selon les dernières données disponibles, l’épidémie a déjà enregistré 3 973 cas confirmés et 1801 décès, faisant de cette flambée, la deuxième plus importante jamais recensée au monde et la plus rapide de l’histoire du virus. L’Ituri concentre à elle seule près de 90 % des infections, tandis que la maladie poursuit son extension vers le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, le Haut-Uélé et la Tshopo.

À son arrivée, le patron de l’OMS s’est voulu résolument rassurant. Pour lui, malgré l’ampleur de la crise, l’épidémie peut encore être maîtrisée à condition d’intensifier les efforts sur le terrain.

« Je suis venu montrer aux communautés de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu qu’elles ne sont pas seules. Nous sommes là pour les soutenir, nous comprenons leur souffrance, mais nous savons aussi qu’elles ont la capacité de mettre fin à cette épidémie », a déclaré Tedros Adhanom Ghebreyesus.

Après son passage à Kinshasa, le directeur général de l’OMS doit se rendre en Ituri, épicentre de l’épidémie, où il rencontrera les équipes sanitaires mobilisées dans les zones les plus affectées. Cette mission vise à évaluer les besoins opérationnels, à renforcer la coordination avec les autorités nationales et à soutenir les personnels de santé confrontés à une pression croissante.

Le responsable de l’OMS a également mis en garde contre les restrictions de voyage imposées aux pays touchés par Ebola. Selon lui, de telles mesures risquent de décourager la transparence dans la notification des cas et de compromettre la surveillance sanitaire internationale.

« Lorsque les pays signalent leurs cas en toute transparence, les sanctionner par des interdictions de voyage n’est pas la bonne réponse. Cela pourrait inciter d’autres États à hésiter avant de déclarer une nouvelle épidémie », a-t-il souligné.

Au-delà de la progression du virus, la riposte fait désormais face à de nouveaux défis. En Ituri, plusieurs agents de santé ont suspendu leurs activités pour réclamer le paiement de leurs salaires et primes, perturbant le fonctionnement de certains centres de prise en charge. Cette situation intervient alors que les autorités sanitaires s’efforcent d’accélérer le dépistage, le suivi des contacts et l’isolement des cas dans un contexte marqué par l’insécurité persistante et les déplacements de populations.

Les experts redoutent que la combinaison des conflits armés, de la mobilité des populations, des difficultés d’accès aux zones touchées et de l’absence de vaccin homologué contre le variant Bundibugyo ne complique davantage les opérations de contrôle. Les essais cliniques de nouveaux vaccins et traitements se poursuivent, mais aucun outil spécifique n’est encore disponible à grande échelle pour cette souche du virus.

Dans ce contexte, la visite de Tedros Adhanom Ghebreyesus apparaît comme un signal politique et sanitaire fort. Elle traduit la volonté de maintenir une mobilisation internationale soutenue afin d’éviter que cette flambée ne franchisse un seuil encore plus critique, alors que moindre retard dans la riposte augmente le risque d’une propagation plus large de l’épidémie.

Alemwa Ibango Yasmine

NO COMMENTS

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here

Quitter la version mobile