Sénégal : Liberté oui, l’homosexualité non !

Au Sénégal, la récente législation interdisant strictement l’homosexualité produit déjà des effets visibles, bien au-delà des tribunaux.

Le vendredi 10 avril, une première condamnation est venue illustrer l’application concrète du texte, dans un climat de tension croissante pour les personnes concernées.

À Pikine ville du Sénégal, un homme de 24 ans a été condamné à six ans de prison ferme et à une lourde amende. Depuis février, près d’une soixantaine de personnes ont été interpellées, souvent à la suite de dénonciations ou d’investigations intrusives, notamment via les téléphones personnels.

Adoptée le 11 mars dernier par une large majorité parlementaire, puis promulguée par le président Bassirou Diomaye Faye, la loi durcit considérablement les sanctions. Les peines encourues peuvent désormais atteindre dix ans de prison.

Malgré les mises en garde d’organisations comme Amnesty International et Human Right Watch, qui dénonçaient un risque accru de violations des droits fondamentaux, les autorités ont maintenu leur position.

Sur le terrain, les conséquences sont déjà perceptibles : publication des identités des personnes arrêtées, exposition à des violences, et multiplication des accusations annexes, notamment liées à la santé.

Face à cette pression, un nombre croissant de personnes Lesbienne, Gay, Bisexuel(le), Transgenre et autres (LGBT+) envisagent de quitter le pays. L’organisation STOP Homophobie indique avoir reçu près de 200 demandes d’aide en quelques semaines, un afflux inédit qui met ses capacités à rude épreuve.

Si la France considère le Sénégal comme un pays à risque pour les personnes LGBT+ depuis 2021, les perspectives d’asile restent complexes, longues et incertaines. Dans ce contexte, la nouvelle loi ne se limite plus à un cadre juridique, elle redessine profondément le quotidien et les trajectoires de vie de nombreux citoyens.

Ridie Enembe (stagiaire)

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