Elles ont gagné plus qu’un trophée. Elles ont imposé une image. Celle d’un Congo qui avance, malgré les obstacles, et qui gagne là où on l’attend le moins.
Reçues par le président Félix Tshisekedi, les Léopards dames U25 de basketball sur fauteuil roulant ont été élevées au rang de fierté nationale, quelques jours après leur sacre continental à Kinshasa. Une reconnaissance officielle, mais surtout un moment politique chargé de sens.

Car derrière cette victoire, il y a un message. Celui d’un sport congolais qui s’ouvre, qui s’élargit, qui inclut. Aux côtés du chef de l’État, le ministre des Sports, Didier Budimbu Ntubuanga, et la ministre déléguée en charge des Personnes vivant avec handicap, Irène Esambo Diata, ont martelé la même ambition : faire du mérite le seul critère, sans distinction.
Sur le parquet de la Coupe d’Afrique U25 de l’International Wheelchair Basketball Federation, disputée du 17 au 20 mars, les Congolaises n’ont laissé aucune place au doute. Discipline, intensité, détermination : une domination nette, construite match après match, jusqu’au sommet.
Face à elles, le président Tshisekedi n’a pas seulement félicité. Il a cadré. « Vous êtes une source d’inspiration », a-t-il lancé, érigeant leur parcours en exemple national. Une manière de repositionner le handicap, non plus comme une limite, mais comme une autre forme de puissance.
Dans les coulisses, l’enjeu est désormais clair : transformer l’essai. Car au-delà de l’émotion, la question du suivi reste posée — encadrement, financement, structuration. Le sacre appelle une politique durable.
Les joueuses, elles, regardent déjà plus loin. Cap sur le mondial 2027 au Canada. Avec une certitude : elles n’y iront pas en figurantes.
Elles ont ouvert une voie. Reste à savoir si le pays choisira de l’élargi
Yasmine Alemwa Ibango

