Pour mettre fin aux retards de paiement qui pénalisent depuis des années, les agents de l’État affectés dans les zones enclavées, le Gouvernement s’engage dans un tournant décisif, celui en partenariat avec la CADECO, bras financier de proximité, sous l’auspice de la Fonction publique, prépare un dispositif inédit permettant aux fonctionnaires du « Congo profond » de percevoir leurs salaires près de leurs lieux d’affectation, marquant une avancée majeure vers une paie plus juste, plus régulière et véritablement nationale.

Le Gouvernement congolais tient à franchir une nouvelle étape dans la modernisation et la sécurisation de la chaîne de la paie des agents publics. Soucieux de garantir une rémunération régulière et équitable à l’ensemble des fonctionnaires, y compris ceux œuvrant dans les zones les plus reculées du pays, le Vice-Premier Ministre, Ministre de la Fonction publique, Jean-Pierre Lihau, a présidé, le mardi 27 janvier 2026, une importante séance de travail avec le Directeur général de la Caisse Générale d’Épargne du Congo (CADECO), Célestin Mukeba Muntuabu. Au cœur de cette rencontre : la recherche de solutions concrètes pour assurer la paie des fonctionnaires dans les zones non bancarisées. Pendant trop longtemps, les agents affectés dans les territoires enclavés ou difficilement accessibles ont été contraints de parcourir de longues distances pour toucher leurs salaires, avec à la clé des retards répétés, des coûts supplémentaires et une précarité aggravée.

La mise en place d’un mécanisme adossé au réseau de la CADECO apparaît dès lors comme une réponse adaptée à cette problématique structurelle.
Forte de sa présence historique dans de nombreuses localités du pays, y compris là où les banques commerciales sont absentes, la CADECO dispose d’un maillage territorial qui en fait un partenaire stratégique pour l’inclusion financière et salariale des agents de l’État.
L’option examinée consiste à permettre aux fonctionnaires affectés dans les zones non couvertes par le système bancaire classique de percevoir leurs salaires à proximité de leurs lieux d’affectation, à travers les guichets, agences ou points de service de la CADECO.
Cette approche vise non seulement à réduire de manière drastique les retards de paiement, mais également à sécuriser les opérations de paie, en limitant les déplacements massifs de liquidités et les risques y afférents. Elle devrait aussi contribuer à améliorer les conditions de travail et de vie des fonctionnaires, tout en renforçant la confiance entre l’État employeur et ses agents.
Au-delà de la dimension sociale, l’initiative s’inscrit dans une vision plus large de modernisation de la gestion publique. En s’appuyant sur un opérateur disposant d’une forte implantation dans le « Congo profond », le Gouvernement entend adapter les instruments de paie aux réalités du terrain, plutôt que d’imposer un modèle unique inadapté aux zones rurales ou enclavées.
Une fois ce dispositif pleinement opérationnel, la République démocratique du Congo enverra un signal fort : celui d’un État qui ne laisse plus aucun fonctionnaire en marge de ses engagements salariaux en raison de sa localisation géographique. La promesse d’une paie effective, régulière et équitable deviendra ainsi une réalité pour l’ensemble des agents publics, du centre aux périphéries les plus éloignées du territoire national.
Yasmine Alemwa Ibango




