
Ces dernières semaines, plusieurs cas présumés de kidnapping ont été signalés dans différents quartiers de la ville-province de Kinshasa, ravivant l’inquiétude d’une population déjà éprouvée par la délinquance urbaine.
Dans plusieurs communes de la capitale congolaise, des familles racontent vivre dans la crainte permanente. Les parents accompagnent désormais leurs enfants jusqu’à l’école, limitent les sorties en soirée et multiplient les appels de vérification lorsqu’un proche tarde à rentrer. « On ne dort plus tranquille », souffle une mère de famille rencontrée à Matete.
Les rumeurs circulent vite sur les réseaux sociaux, augmentant la peur et les inquiétudes. Messages vocaux, alertes communautaires et vidéos des témoignages des victimes alimentent un climat de suspicion.
Pour les commerçants, l’impact est déjà visible. Plusieurs boutiques ferment plus tôt que d’habitude. Les mototaxis et chauffeurs de taxi affirment éviter certaines zones à la tombée de la nuit.
« Les clients ont peur de se déplacer. Ils ont peur de prendre des mototaxis avec un client déjà à bord », a expliqué un conducteur.
Par ailleurs, les autorités promettent un renforcement des dispositifs sécuritaires, mais la population réclame des actions plus visibles tels que : des patrouilles régulières, des numéros d’urgence efficaces, une communication officielle rapide en cas d’incident, des caméras de surveillance partout dans la ville et un système de géolocalisation efficace.
Au-delà des chiffres, c’est le sentiment d’insécurité qui marque les esprits. Dans une ville de plus de quinze millions d’habitants, la confiance reste très fragile.
Ridie Enembe (stagiaire)
