À 82 ans, Denis Sassou Nguesso qui totalise 42 ans au pouvoir, ne compte pas quitter et s’aligne pour briguer un cinquième mandat lors de l’élection présidentielle prévue le 15 mars prochain.
Le 5 février, en marge de la foire agricole d’Ignié, à près de 60 kilomètres de Brazzaville, le président Sassou a levé toute équivoque sur ses intentions, car investi candidat en janvier par le Parti congolais du travail (PCT), il s’est officiellement lancé dans ce qui ressemble à une campagne avant l’heure.
Déjà, depuis plusieurs semaines, il sillonne les grandes régions du Congo, brandissant un ouvrage promotionnel retraçant les réalisations de son dernier mandat (2021–2026) et promettant un avenir meilleur en cas de sa réélection. Une démarche qui renforce le sentiment d’un scrutin joué d’avance.
Cependant, face à une opposition affaiblie et fragmentée, Denis Sassou Nguesso apparaît comme le grand favori, malgré une situation économique alarmante. Le Congo reste englué dans une crise financière profonde, marquée par un surendettement massif et des tensions sociales persistantes dans les secteurs public et parapublic.
Aussi, la société civile continue de dénoncer une gouvernance minée par la corruption. Dernier scandale en date, il s’agirait d’un groupe pétrolier norvégien accusé d’avoir versé des millions de dollars de pots-de-vin au président et à des membres de sa famille. Des accusations que le porte-parole du gouvernement, Thierry Moungalla a balayées, les qualifiant de « boules puantes ».
Malgré ces dénonciations, le président congolais semble déterminé à inscrire son nom encore plus profondément dans l’histoire politique du Congo, au risque d’accentuer le fossé entre le pouvoir et une population de plus en plus désabusée.
Yasmine Alemwa Ibango



