
Madame Christelle Muabilu vient d’être appelée à assurer l’intérim de la Direction générale de l’Office Congolais de Contrôle (OCC), à un moment charnière pour cette entreprise publique stratégique de la République démocratique du Congo.
Ce dispositif officieux aurait permis l’émission de fausses attestations de vérification, occasionnant un manque à gagner important pour le Trésor public et jetant le discrédit sur une institution au cœur de la régulation du commerce extérieur. Dans ce contexte de turbulence, l’intérim de la Direction générale est confié à la Directrice générale adjointe, Christelle Muabilu, avec pour mission immédiate d’assurer la continuité des services et de restaurer la crédibilité interne et externe de l’OCC.
Le profil d’une manager formée aux défis de gouvernance
Un intérim dans un contexte de crise Par arrêté ministériel, le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, a suspendu à titre conservatoire le Directeur général de l’OCC, Étienne Tshimanga Mutombo, sur fond d’accusations de gestion chaotique, de fraude présumée et de mise en place d’un système informatique parallèle de contrôle des importations et exportations.
Née à Kinshasa le 9 décembre 1988, originaire de la province de la Lomami, Christelle Muabilu appartient à cette génération de jeunes cadres congolais formés à la fois au pays et à l’international.
Licenciée en management à la Tshwane University of Technology de Pretoria, en Afrique du Sud, elle s’est forgé un parcours de gestionnaire au croisement des médias, de la politique et du management institutionnel.
Avant son entrée à l’OCC, elle a assuré, depuis 2010, les fonctions d’Administrateur délégué général du Groupe de presse L’Avenir, qui comprend un journal, une chaîne de télévision et une radio, bâtissant une expérience dans la gestion d’équipes, la gouvernance d’entreprise et la communication de crise.
Son engagement en faveur de l’autonomisation des femmes et son rôle d’actrice sociale, notamment sur les questions touchant les jeunes et les filles-mères, ont contribué à faire d’elle une figure visible dans l’espace public congolais.*De DGA à DG intérimaire : une responsabilité accrue*Portée à la tête de la Direction générale adjointe de l’OCC par ordonnance présidentielle en 2022, Christelle Muabilu avait, dès sa prise de fonctions, promis de contribuer à la mobilisation accrue des recettes de l’office et de faire de cette institution un véritable levier de solutions pour l’économie nationale.
Elle avait alors insisté sur le fait qu’elle représentait à la fois la jeunesse et le genre féminin, affirmant sa volonté de ne pas décevoir la confiance placée en elle par les autorités congolaises et par le Chef de l’État.Aujourd’hui, en assumant l’intérim du DG suspendu, elle ne se trouve plus seulement dans une posture d’appui, mais au premier rang d’une entreprise appelée à se réformer de l’intérieur.
La mise en place annoncée d’une commission de redressement de l’OCC, chargée d’examiner les dysfonctionnements et de proposer des pistes de restructuration, place son intérim au cœur d’un chantier de restauration de la gouvernance, de la transparence et de la performance.Une institution stratégique à rebâtirL’OCC est une société publique chargée du contrôle de la qualité, de la quantité et de la conformité des produits et marchandises à l’importation comme à l’exportation, ainsi que de la certification de la production industrielle nationale.Avec plus de 3 400 collaborateurs, un réseau de directions provinciales et d’agences couvrant l’ensemble du territoire, l’office joue un rôle déterminant pour la sécurité des consommateurs, la compétitivité des entreprises et la fiabilité des statistiques de commerce extérieur.
Les scandales récents liés à une gestion jugée chaotique et à des pratiques de fraude présumée ont fragilisé non seulement la réputation de l’OCC, mais aussi la confiance des partenaires et des opérateurs économiques.
L’intérim de Christelle Muabilu intervient donc comme une période d’épreuve : il s’agira de maintenir le fonctionnement technique au quotidien tout en accompagnant – voire en impulsant – une réforme de fond de l’outil de contrôle.
Entre attente de résultats et enjeu d’exemplaritéManager, femme politique, ancienne dirigeante de groupe de presse, Christelle Muabilu incarne un profil hybride qui conjugue maîtrise des enjeux de communication, expérience de gestion et exposition médiatique.Ce capital de visibilité, qui a contribué à sa nomination à la DGA de l’OCC, devient un test grandeur nature : l’opinion, les agents de l’office et les autorités publiques scruteront sa capacité à incarner une gouvernance plus rigoureuse, plus transparente et plus orientée vers les résultats.
Dans une institution où les accusations de systèmes parallèles et de circuits opaques ont éclaté au grand jour, la première attente à l’égard de la DG intérimaire est celle de l’exemplarité : réaffirmer la primauté des procédures officielles, renforcer les mécanismes de contrôle interne et coopérer pleinement avec la commission de redressement.
Au‑delà de la durée de cet intérim, c’est l’image même de l’OCC comme bras technique de l’État, garant de la conformité des échanges commerciaux, qui se joue sous la responsabilité de Christelle Muabilu, appelée, plus que jamais, à faire coïncider le titre, la fonction et l’exemple

