La Fédération sénégalaise de football (FSF) a officiellement saisi le Tribunal arbitral du sport (TAS) de Lausanne pour contester la décision de la Confédération africaine de football (CAF) d’attribuer une victoire par forfait au Maroc. En portant l’affaire devant une juridiction internationale indépendante, l’instance sénégalaise entend obtenir l’annulation d’une sanction qui pèse déjà sur son parcours dans la compétition, tout en plaçant la CAF sous une pression juridique accrue en pleine CAN 2025.
Le différend trouve son origine dans le traitement du match n°52. À l’issue d’une première décision du Jury disciplinaire de la CAF, la Fédération royale marocaine de football (FRMF) avait obtenu gain de cause en appel. Ce revirement a conduit à l’annulation du premier verdict et à l’attribution d’une défaite sur tapis vert (3-0) au Sénégal. Pour motiver sa décision, le Jury d’appel a évoqué un vice de forme, notamment le non-respect du droit d’être entendu lors de la procédure initiale, ainsi qu’une violation des dispositions réglementaires, en s’appuyant sur les articles 82 et 84 du règlement de la CAN relatifs à la responsabilité des associations nationales et aux sanctions en cas de forfait.
En saisissant le TAS, la FSF déplace le contentieux du cadre continental vers un contrôle juridictionnel externe, avec pour objectif de faire examiner la régularité et la solidité juridique des décisions prises par les organes de la CAF. Cette démarche ouvre une séquence incertaine pour l’instance africaine, dont les mécanismes disciplinaires se retrouvent exposés à l’évaluation d’un arbitre international.


Le facteur temps devient désormais central. Deux options procédurales se dessinent : une procédure accélérée, susceptible d’aboutir à une décision avant la fin de la compétition afin de clarifier le tableau sportif, ou une procédure ordinaire, dont l’issue pourrait intervenir après le tournoi et donner lieu, le cas échéant, à des recours en réparation.
Dans l’intervalle, la décision de la CAF demeure exécutoire. Le Sénégal poursuit donc la compétition avec une défaite administrative inscrite à son bilan, tandis que la validité juridique des règlements de l’instance africaine s’apprête à être mise à l’épreuve sur la scène internationale.
Yasmine Alemwa Ibango



